À la mort du commissaire divisionnaire, ses anciens subordonnés se rappellent les bons moments passés avec lui, avec un commissaire plus apte à décapsuler les bières qu’à effectuer un travail de police, un commissaire qui n’avait pas réussi à obtenir son permis de conduire – ce qui était mieux pour tout le monde vu son état d’ébriété permanent. Nous sommes à l’été 1999 et la seule crainte du monde est celle de ce bug annoncé de l’an 2000. Et voilà qu’un cordonnier est victime d’un accident de circulation rue Saussure (ce qui prouve qu’il devait avoir un cheveu sur la langue). Le mort s’appelle Marcel Duchamp, mais bien évidemment ce n’est qu’un homonyme du célèbre artiste. Quelques heures plus tard, c’est un avocat (qui d’ailleurs cultive des avocats en pot dans son bureau) qui tombe de la fenêtre de son bureau, et qui se nomme lui aussi Marcel Duchamp ! Les doutes de la police vont en s’accentuant et ce n’est pas l’adjoint du commissaire, un certain Janvier car il faut toujours un Janvier dans un commissariat, qui dira le contraire. Puis on découvre d’autres Marcel Duchamp morts. La police essaie alors de localiser et de protéger les homonymes survivants mais ce n’est pas chose aisée, surtout que l’assassin commence à s’en prendre aux Marcelle. Mais c’est alors qu’un Marcel vient prévenir les policiers que le coupable pourrait être un descendant de la famille vexé d’avoir été appelé Marcellin et non Marcel…
Attention, comme peut-être les lecteurs l’auront remarqué au vu de certaines des phrases de cette chronique, ce texte est difficilement classable. Hommage au roman policier parodique, référence à Simenon et jeux de mots réguliers, le récit tourne en rond en ajoutant des morts, et s’achève en queue de poisson sans résolution de l’énigme (sans compter que la seule information qui donne une explication à un des événements est caché dans les remerciements). Un peu à l’instar de l’Oulipopo (Ouvroir de littérature policière potentielle), Hervé Hue tente à sa façon un roman sous le sceau du dadaïsme avec des victimes du collège de pataphysique. Voici donc un texte qui n’est pas un roman policier mais qui peut constituer un moment de détente entre deux lectures plus fiévreuses, sans pour autant être indispensable (et sans le prétendre).