CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 15,00 €
INFORMATIONS LIVRE
Édité chez
ISBN : 978-2-4937-3979-7
Nombre de pages : 240
Format : 19 X 12 CM
Année de parution : 2026
Crédits
Auteur(s) :

Préface de Thomas Cantaloube.

Contexte
Époque : ,
Pays : ,
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7 / 10

L’Oiseau bleu

Auteur :

De la République démocratique du Congo à la France du confinement, Sylvie Callet nous propose le road-trip d'un trio d'enfants-soldats mus par leurs idéaux de meilleure vie. Un roman noir âpre et violent et pourtant lumineux. Une sacrée gageure.

Congo, 2012. La jeune Makiadi est enlevée par une troupe de rebelles. Devenue femme soldat, elle a pris comme amant Thomas, l’un des officiers, non par amour, mais parce qu’elle a choisi d’avoir une protection. Tout ce dont elle rêve c’est de gagner Paris où l’un de ses oncles a été emmené par une riche femme blanche. Mais il n’a plus donné signe de vie depuis. Lorsque Makiadi rencontre la petite Divine, une fillette qui chante de façon lumineuse, elle décide de s’enfuir avec elle et de l’emmener en Europe. Thomas essaie bien de les rattraper mais elle le blesse et le laisse pour mort, s’enfuyant avec la jeune fille et Shabani, un autre enfant soldat, qui a été obligé de tuer son meilleur ami pour prouver qu’il était digne de rester dans l’armée des rebelles. Une fuite dangereuse pour gagner l’Europe qui, de plus, ne les attend pas avec humanité. Surtout, le trio débarque en Grèce quand commence le confinement. Mais il lui faut continuer pour que Divine puisse chanter et que Makiadi retrouve son oncle.

Le roman de Sylvie Callet reprend des éléments que nous connaissons déjà : la guerre en République démocratique du Congo, avec ses exactions et ses enfants-soldats. Le voyage difficile et complexe des migrants vers l’Europe, l’insertion dans un continent qui ne les attend pas et même qui les maltraite (les derniers chapitres où Makiadi pourra se « rapprocher » de son oncle sont saisissants), les rêves qu’il est parfois difficiles de réaliser, même si on est porté par la force et la confiance en son destin. Sylvie Callet, en n’occultant pas le côté noir de son histoire (il y a des pages terribles sur le sort réservé aux « faibles » dans notre monde contemporain), transcende toutes ces données en leur offrant un cadre littéraire, en s’accordant des pages aux envolées poétiques, qui ne dénaturent pas l’horreur, ni l’édulcorent, mais permettent de la transcender. Porté par ses personnages de femmes et de fillettes, l’auteure maintient un équilibre délicat entre l’expression de son histoire, les choses horribles qu’elle décrit et l’avancée de ses personnages qui trébuchent, se redressent, hésitent et doutent, mais continuent car il y a toujours un espoir de meilleur, même dans le pire moment. L’Oiseau bleu est un roman déroutant qui oscille entre des moments violents et d’autres plus doux, mais toujours aussi intenses. Un roman sombre mais en même temps lumineux ce qui, dans notre époque sombre où il est parfois difficile de voir une lueur, en fait un livre réconfortant, au final apaisé et réussi.

Publié le 2 mai 2026
Mis à jour le 30 avril 2026
Demain, quand le tumulte s’éteindra et que l’abattement submergera les rescapés de cette terrible nuit, ils rejoindront la longue cohorte des laissés-pour-compte et seront parqués avec eux dans un nouvel enclos – réduits encore une fois à l’état de bétail. Mais, tant qu’un filet de vie pulsera dans leurs veines, mus par un espoir insensé, ils ne renonceront pas à leur quête d’ailleurs.
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