CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 12,90 €
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Édité chez
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ISBN : 978-2-8159-7068-6
Nombre de pages : 184
Format : 19 X 13 CM
Année de parution : 2026
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7 / 10

Maman, le loup m’emporte

Florence Medina s'attaque à un massacre "ordinaire" qui a défrayé la chronique en 1840 entre Paris et la Gironde. Surtout, elle en étudie la mécanique, les rouages, et s'interroge sur notre avidité de sensationnel et sur son propre rapport avec ce voyeurisme médiatique. Un récit à la lisière du true crime intéressant.

En 1840, à Paris, dans le quartier de La Villette, on découvre le corps atrocement mutilé d’un jeune garçon. À l’époque, le corps est exposé à la morgue afin que les familles puissent venir tenter de le reconnaître. Mais personne ne vient ! On va aller jusqu’à mettre de la glace pour conserver le corps, puis l’empailler pour attendre qu’il soit reconnu. Mais ce sera peine perdue. L’affaire rebondit rapidement quand on découvre deux autres corps, mutilés de la même manière, en Gironde. Là, on a une identification : il s’agit de Marie Anizat, jeune veuve, et de sa fille. Or, justement, dans la famille il y avait aussi un jeune garçon dont on n’a plus de nouvelles, mais qui est censé être à Paris avec son futur beau-père. Arrêté ce dernier avoue les trois meurtres. L’histoire devient vite assez sordide car il semble bien que le coupable avait fait des promesses à la jeune veuve, dont il était amoureux, et que ne pouvant les tenir, peu à peu, il s’était « résolu » pour cacher les choses, à faire périr les témoins de son mensonge. La mécanique du raisonnement pourra s’apparenter à celle d’autres affaires plus contemporaines comme avec l’affaire Romand ou, peut-être, Dupont de Ligonnès. Mais c’est là qu’arrive également le deuxième élément sordide : pour diverses raisons dont, sans doute, celle de trouver le moyen de payer son avocat et ses frais de justice, le meurtrier va faire publier un livre dans lequel il va raconter toute cette aventure, de son point de vue.

Avec cette collection en partenariat entre Retronews et les éditions de l’Aube, les auteurs reviennent sur des faits divers qui ont perturbé, d’une façon ou l’autre, leur époque. Ici, Florence Medina s’appuie à la fois sur le procès, les articles de journaux et le livre écrit par l’accusé, ce qui (au passage) ne l’empêchera pas d’être guillotiné. L’auteur raconte avec soin cette histoire, en en montrant les côtés particulièrement horribles : ceux d’un homme dépassé par ses propres mensonges et qui, plutôt que d’accepter d’en parler, va tout faire pour cacher la vérité y compris en tuant. Le point de vue de Florence Medina est raconté d’une part en restituant les faits et, d’autre part, de manière sensible en essayant outre d’en tirer des leçons (entre autres sur notre capacité au voyeurisme) de se poser des questions sur la façon dont elle même aurait pu vivre la situation. Cet aller-retour récurrent entre le passé et le présent, entre la réalité des faits et la façon dont ils peuvent être interprétés, le sens de la description qui permet au lecteur de comprendre l’état d’esprit des personnages par delà les différences des presque deux cents ans, constitue des plus dans une collection qui avec ce troisième volume conserve tout son « charme » pour nous replonger, avec un regard critique et complice, dans des faits divers du passé, évocateur de nombreux éléments qui peuvent encore nous toucher (ou nous perturber).

Mis à jour le 26 septembre 2026
Le mince filet d’eau qui arrose les corps en continu et leur dispense une relative fraîcheur ne permet pas de les conserver plus de six semaines, dans le meilleur des cas. Au-delà de ce délai, et souvent bien avant, la décomposition est telle que plus personne n’est reconnaissable. Affaire policière ou pas, les dépouilles non identifiées s’en vont à la fosse commune.
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