CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 21,00 €
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ISBN : 978-2-07-312794-5
Nombre de pages : 286
Format : 21 X 14 CM
Année de parution : 2026
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8 / 10

Les Fils de l’Aigle

Antonin Varenne relate un épisode de la guerre du Vietnam qui fait s'interroger plusieurs personnages sur l'engagement, le patriotisme, les valeurs. En dehors des qualités narratives de l'auteur, c'est sa construction qui séduit dans laquelle s'insèrent deux duos qui restent en mémoire.

En 1971, sur la côte Ouest, le journaliste Richard Linnett croise la route du policier Tim O’Brien afin de discuter avec lui. O’Brien est un policier un peu embêté car son fils vient d’être appelé pour combattre au Vietnam et ce fils est parti. Lui, il est resté en servie et il doit participer aux arrestations des manifestants pacifistes. Les différents services policiers sont réactifs en ce moment le procès d’Alvin, un marin jugé pour avoir pris le contrôle d’un cargo contenant des armes à destination du Vietnam et l’ayant détourné vers le Cambodge avec l’aide de Clyde, l’un de ses amis. Une discussion s’engage entre le journaliste et le policier. Surtout Richard Linnett va essayer d’expliquer le parcours d’Alvin et Clyde : deux Américains moyens, des classes populaires et qui se sont posés la question, comme d’autres, des raisons pour lesquelles entrer en guerre, pour aller tuer des gens à l’autre bout du monde. D’autres se sont déjà posés la question, et le roman commence par l’image d’une femme qui va s’immoler par la feu afin de dénoncer la guerre au Vietnam. Cette image hantera O’Brien qui en a été témoin.

Le roman d’Antonin Varenne est « simple ». Il relate d’abord les « aventures » d’Alvin et Clyde dans un combat complexe (et ils joueront réellement de malchance dans ce périple), qui réussit parce qu’il est plus qu’improbable qu’il puisse même exister. Et d’un autre côté, le texte aborde le récit de Linnett et d’O’Brien, de deux adultes qui se demandent quel rôle ils peuvent jouer dans ce monde, comment peuvent-ils jouer dans ce conflit. De manière très intelligente, comme pour l’ouverture qui évoque un personnage que l’on ne retrouvera que vers la fin du roman, Antonin Varenne clôt son ouvrage en revenant des années plus tard sur l’événement, sans en donner une morale, mais en reprenant le thème pour lui procurer un angle nouveau, et ce de manière logique mais imprévue. Nous sommes évidement loin d’un récit policier traditionnel, plutôt dans un texte noir de qualité qui se pose la question du Mal, de la lutte que nous pouvons prendre dans le combat pour certaines valeurs, sans jamais donner de leçon mais en montrant des personnages qui tentent de se positionner. Une belle leçon d’humanité.

Publié le 18 février 2026
Mis à jour le 19 janvier 2026
Alvin s’est arrêté sur le pont, il a tiré le vieux .38 de sa ceinture et l’a jeté à la mer. L’arme a frappé l’eau et a coulé. À ce moment-là, le moteur s’est remis en marche et le Eagle a tourné sur lui-même face à la houle.
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