Dans un petite ville, quatre couples d’amis vivent tranquillement. Quelques années auparavant, ils ont mis ensemble leurs économies pour un cours en bourse impossible à rater. Mais bien sûr le coup a raté… Obligés de continuer à travailler, les couples se sont délités même s’ils continuent de se voir. Les quatre hommes ont même monté un plan : l’un d’eux travaille dans un casino et s’est aperçu d’une faille dans le système informatique des machines à sous. Avec l’aide de ses trois amis ils ont transformé ce bug en argent. Et, ensemble, ils vont « voler » le casino, placer l’argent et ouvrir une assurance vie pour leurs femmes respectives. Mais le casino vient d’être racheté et l’homme dans la place a le sentiment que la nouvelle directrice a des doutes et qu’elle essaie de trouver qui a volé l’entreprise. Lorsque l’un des quatre est retrouvé mort chez lui, ils n’ont plus aucun doute. Comment s’en sortir ? Cependant, la mort du mari a fait de sa veuve une riche femme puisqu’elle a touché l’assurance-vie. Les trois autres femmes comprennent que si leurs maris mouraient, elles recevraient elles aussi de l’argent. Elles décident alors d’engager un tueur pour se débarrasser des trois associés. Or le tueur qu’elles engagent est aussi chargés par les trois hommes de les aider à disparaître en faisant croire à leur mort et pour, ne pas attirer l’attention de la police, les maris ont résilient les assurances-vie…
Voici un roman noir de Sue Hincenbergs qui joue sur les contretemps, les quiproquos et une forme d’humour. D’un côté des femmes atteintes par la soixantaine et qui entendent profiter de la vie malgré des maris qui les ignorent, de l’autre des maris qui font tout pour rester secret en cherchant à retrouver l’amour de leurs femmes. Et au milieu une patronne de casino qui doit se débrouiller pour éviter le mari que veut lui donner sa mère et doit faire avec un bras droit venu retrouver ceux qui les ont escroqués. On peut y ajouter un coiffeur qui dans les faits est un dangereux tueur à gages. Construit avec soin, chaque plan contrecarrant ou annihilant les efforts des autres, chaque geste étant mal interprété par un camp ou par un autre, sans sombrer dans le noir glauque mais en offrant des moments aériens, des pauses de bonheur simples, le récit emporte par sa légèreté contagieuse vers une conclusion bienvenue et amorale. Une surprise intéressante pour un polar feel-good book.