1911. Juste avant la Première Guerre mondiale. Hector Valand est un libraire qui, accessoirement, se fait cambrioleur pour dénicher des éditions originales qu’il revend à ses riches clients. Pour l’heure, il accumule les informations pour essayer de satisfaire un généreux acheteur qui entend trouver et récupérer La Chasse spirituelle, livre manuscrit de Rimbaud. Hector Valand est un peu connu des milieux littéraires et populaires aussi parce qu’il raconte ses aventures à un ami qui les déguise quelque peu avant d’en faire des livres populaires qui suivent la tendance inspirée par Maurice Leblanc avec son personnage d’Arsène Lupin. C’est alors qu’il est appelé à la rescousse par un érudit italien de Florence. Il se rend chez lui et découvre un vieil homme proche de la mort et entouré de sa fille qui lui fait une forte impression. Sa mission est complexe : cinq siècles auparavant, une femme a été retrouvée morte alors qu’elle était enceinte et le suspect, même s’il a avoué, était sans doute innocent. Quelques mois après le drame, le mari, seul survivant, était découvert mort à son tour. Tout portait à croire qu’il y avait eu complot mais qui pouvait bien en être à l’origine ? Le vieil homme, universitaire, a utilisé les services de trois étudiants, ses assistants, pour percer le mystère de ces morts. Mais deux sont également morts assassinés et le troisième a disparu. Tout laisse à penser qu’il y a encore aujourd’hui des gens que ce mystère dérangent. Sans doute, parce que les archives de la famille morte contiennent un secret qui pourrait être très important. Quand Hector Valand est à son tour victime de tentatives d’assassinat, il comprend qu’il se rapproche de la solution, une solution qui nécessite qu’il retourne à Paris pour aller voler La Joconde au Louvre…
Deuxième volet des aventures du libraire-aventurier Hector Valand, après un premier épisode qui avait retenu l’attention, Le Mystère Vesaccio continue avec vigueur ce mélange entre rapidité d’intrigue et réflexions autour des œuvres d’art et des mystères qu’elles peuvent receler. Ici, ponctué par une histoire d’amour débutante, un peu compliquée par le fait que le personnage a aussi une autre amoureuse (qui a eu la bonne idée d’aller enquêter à la Rouletabille dans les débuts de la Révolution russe), le roman se nourrit d’allers-retours sur L’Italie, sur la résolution d’une histoire ancienne (le vol de La Joconde par un ouvrier italien) et sur quelques pages où l’on se lance à la recherche d’un texte perdu d’un grand poète. Toutes ces pistes fonctionnent et se répondent avec vivacité pour créer un hommage sensible aux grands romans populaires du début du XXe siècle, avec mystères anciens, codes secrets, courses-poursuite et menaces parfois dignes des romans gothiques, un hommage qui donne un plaisir de lecture contagieux.