Tim et Hutch sont deux gangsters, deux petits voyous chargés d’aller récupérer de l’argent auprès des gens qui ont eu la mauvaise idée d’emprunter à leur chef. Quand ils doivent aller chercher quelques dollars chez un drogué notoire, les choses dérapent et non seulement ils abattent le débiteur mais en plus ils s’emparent dans son congélateur d’une main coupée. Quelques heures plus trad, ils sont poursuivis par des idées bien étranges. Une voix leur parle et des agents secrets commencent à les poursuivre. Ces agents travaillent pour un mystérieux patron qui, outre cette main, veut aussi récupérer d’autres « reliques ». En même temps, ce patron utilise les services d’un individu étrange, peut-être un extra-terrestre, en tout cas, quelqu’un à qui il pousse des ailes et qui est capable de « voir » des futurs potentiels. Ce même patron a mis au point une arme ultime : derrière une chanson punk de Katherine Moriarty, il a fait placer de manière subliminale des hurlements et la plainte d’un homme, cris qui peuvent transformer celui qui les entend. Le voyou qui fait crédit a comme adjoint un garçon chargé pour lui de récupérer des objets particuliers. Ce garçon n’est autre que le fils de Katherine Moriarty dont il est question plus haut. Tout ce beau monde, et d’autres personnages, va se poursuivre pour récupérer la main, tandis que cette dernière semble devenir folle et provoque des transformations de nombreux habitants qu’elle croise en d’affreux zombies.
Nous sommes bien là dans le genre de textes qu’affectionnent les éditions Sonatine : un mélange hautement improbable entre le gore, le roman noir, le roman social et des doses de X-Files, avec une arrière-sauce de complotisme ou de groupes secrets (sans parler d’une bande son musicale). Si l’illustration de couverture donne déjà une idée, l’ensemble du premier roman de Keith Rosson tient quand même parfaitement la route en alternant les éléments, en les rendant crédible au sein de l’intrigue, en forçant le trait juste ce qu’il faut pour que le lecteur ne lâche rien. Dans Fièvre noire, tout se met en place et se répond avec force et fait exploser le récit pour que nous soyons ( comme le dit une préface signé Anonyme – l’auteur d’autres livres publiés par la maison) dans une suite de montagnes russes fortes et prenantes. Encore un petit bijou décalé pour Sonatine.