Versailles, printemps 1761. Le roi est vieillissant et sa maîtresse, la marquise de Pompadour, voit ses pouvoirs diminuer. Dans le parc, un zoo qui regroupe les bêtes étranges qui ont été données au roi par différents ambassadeurs et pays étrangers. Il y a notamment un superbe rhinocéros blanc. Mais un matin, on découvre dans l’enclos du rhinocéros le corps sans vie du duc d’Etel-Semolens, tué par la bête. Inquiète, la marquise fait envoyer le commissaire aux morts étranges afin de découvrir la vérité. Certains vont profiter de l’occasion pour essayer de déstabiliser la marquise et décider d’intenter un procès au rhinocéros, comme assassin du duc. Le commissaire se pose des questions car l’enclos était fermé à clef et l’on n’a pas retrouvé de clefs sur la dépouille du duc. Cette affaire devient de plus en plus complexe car des ragots, des complots divers pour gagner du pouvoir autour d’un Louis XIV vieillissant deviennent de plus en plus apparents. De plus, personne ne semble regretter le duc, pas même sa femme qui reconnaît qu’il avait dû se faire de nombreux ennemis en couchant avec tout ce qui bouge et gigote. En suivant cette piste, le commissaire découvre même un trafic de poudres augmentant la vigueur sexuelle, ce qui complique encore les choses en multipliant les rumeurs.
S’appuyant sur une solide documentation historique, Olivier Barde-Cabuçon continue ici une série qui en est déjà à son dixième volume. Entre deux actions de l’enquête, il nous montre avec soin les intrigues de cours, les petits arrangements entre puissants, dans ce Versailles qui, bien que palais grandiose, cache beaucoup de vilenies, de saletés. Et accuser un rhinocéros alors que les humains sont plus dangereux fera sourire (et rappellera les procès d’animaux au Moyen Âge). Le récit de l’auteur est mené de manière allègre, de façon classique mais efficace, avec des indices, des pistes, des impasses, pour qu’enfin, in fine, la vérité soit dévoilée. Un joli jeu de piste…