CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 22,90 €
INFORMATIONS LIVRE
Édité chez
Langue :
ISBN : 978-2-38399-275-2
Nombre de pages : 408
Format : 23 X 15 CM
Année de parution : 2026
Titre original : The Honeymoon Suite
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4 / 10

Vertiges

Avec une atmosphère très hitchkockienne, Rebecca Taylor McKay plonge sa narratrice dans un univers de faux-semblants et vient perturber son voyage de noces sur la côte almafitaine. Ce premier roman reste cependant poussif, il ne s'y passe pas grand-chose, il en reste le style joliment affirmé.

1961. Pour Clara, ce devrait être le rêve : elle, la petite dactylo, se retrouve mariée au richissime architecte Spencer Carmichael, qui l’a surnommée Bambi. Au programme de leur voyage de noce, un mois en Italie, à Positano, sur la côte almafitaine, à profiter du soleil et du décor. Sauf que Clara semble marquée par un passé douloureux qu’elle chasse à coup de médicaments. Et il y a ce mot glissé sous la porte de leur chambre avec un message fort simple : « Il vous ment ». Ce qui ne peut s’adresser qu’à son mari… Il y a aussi ce couple d’Anglais, Vivian et Fred, en vacances comme eux, dont la familiarité devient vite envahissante. Puis une rencontre avec une femme de ménage confirme les soupçons de Clara : Spencer est déjà descendu dans cet hôtel alors qu’il a prétendu le contraire. Pourquoi a-t-il menti ? Avec qui est-il venu cette première fois ?

Un texte qui doit se vouloir hitchcockien (le titre français veut sans doute enfoncer le clou en faisant référence à Vertigo alias Soupçons), alors que l’on sent également une certaine influence de Patricia Highsmith. Rétro en fait, même si on attribue aux personnages certaines réflexions typiques de notre temps et une fascination pour le luxe assez contemporaine (quoique, le thème typique des années 1960-1970 était les turpitudes de la haute bourgeoisie d’après-guerre). Comme toujours, on se demande pourquoi la narratrice a pu épouser un homme (et pas pour son argent) dont on comprend au fil des pages qu’elle ne sait rien, et pourquoi elle reste si passive… On attend un retournement, mais celui-ci fait un peu partie du générateur de révélations aléatoires parmi les dix variations qui font le genre. Sauf que pour une fois, le mari n’est pas responsable de tout. Mais ensuite, il faut encore se cogner des pages et des pages jusqu’à une conclusion qui surprend juste par sa négativité, mais était annoncée plusieurs fois dans le texte, contrairement aux rebondissements tirés d’un chapeau qui polluent le genre. Le tout aurait pu faire un « Spécial-Police » des années 1960 si ce n’était la nécessité de noircir du papier. Tout, ne serait-ce qu’une dégustation d’apéro italien, est décrit encore et encore — autant dire qu’il ne se passe rien pendant des pages et des pages, et sachant que le roman en fait 400 bien tassées… La seule différence vient du style soigné et évocateur, loin du verbe-sujet-complément basique des best-selleurs débilitants (et donc d’une traduction que l’on imagine irréprochable). L’ensemble est tout de même léger.

Mis à jour le 2 juillet 2026
Comment pourrai-je jamais connaître la vérité alors que je ne peux pas faire confiance à mon propre cerveau, mes propres souvenirs, mon propre époux ?
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