CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 19,00 €
INFORMATIONS LIVRE
Langue :
ISBN : 979-10-982256-0-4
Nombre de pages : 226
Format : 21 X 15 CM
Année de parution : 2026
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Auteur(s) :
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7 / 10

La Dynastie des perdants

Thierry Tuborg mène une enquête sur quatre générations sous une même tête, la sienne, avec sensibilité et finesse. Et il met au centre un personnage important, le fameux Ashelbé, homme multiple, auteur de Pépé le Moko, par ailleurs son ancêtre.

Le roman s’ouvre par une citation de Sigmund Freud qui, sommairement, signale que toute tentative biographique est forcément un échec car elle ne pourra jamais cerner la vérité d’une personne. Et pourtant en ouvrant son roman, Thierry Tuborg entend écrire une biographie au sens large puisqu’elle va prendre, non pas un individu, mais une suite de descendants, comme l’indique le titre avec le mot « dynastie ». Cependant il restera bien un personnage au centre : Henri le Plessy, léger décalage d’un autre, un écrivain qui signa Ashelbé (rebaptisé Ashelpé dans ce roman) et fut notamment l’auteur de Pépé le Moko, réédité d’ailleurs chez les éditions Relatives. Ashelbé qui eut une vie parisienne avant de disparaître dans des circonstances qui restent à définir. Donc, nous allons suivre le jeune Henri qui travaille avec son père imprimeur, un imprimeur qui ne réussit pas totalement dans les affaires (et quand il réussira un peu, son atelier sera bombardé par les Allemands durant la Première Guerre mondiale), puis qui devient journaliste (il décrira le passage à la guillotine de Landru), avant d’essayer de faire fortune avec une agence de détective, des romans. Sa disparition va laisser ses enfants puis petits-enfants dans des situations complexes (faut-il croire la mère, puis grand-mère qui accuse l’homme de tous les maux ?). Pour eux, comment retrouver ce père, puis grand-père un peu insaisissable ? Surtout que quand on croit avoir compris, on retrouve des lettres qui semblent donner une autre éclairage…

Voilà donc un texte une peu étrange car les connaisseurs de Thierry Tuborg ont déjà croisé quelques uns des fils qui bâtissent ce roman familial dans d’autres romans ou textes plus autobiographiques de l’auteur. On apprécie sa capacité à sauter d’un point de vue et une époque à une autre, à virevolter entre des récits de faits divers, puis d’autres, offrant divers éléments kaléidoscopiques d’une réalité fuyante, relançant le titre dans ses différents avatars. Car les membres de cette famille, un peu dysfonctionnelle, sont comme les personnages d’Albert Cohen, c’est-à-dire des perdants magnifiques, des paumés s’habillant avec grâce des oripeaux de cette façon joyeuse de plonger dans l’échec, un peu comme des « Pierre Richard » de la vie. In fine, si le roman policier, au sens strict, (qui était réellement Ashelpé-Ashelbé ?) disparaît un peu derrière une évocation familiale haute en couleurs, si on regrette un moment que Tenpole Tudor intervienne dans le récit sans y devenir le personnage grandiose qu’il pourrait être (mais peut-être est-ce pour un prochain titre ?), La Dynastie des perdants est un bon pas de côté pour les amateurs de littérature ou ceux de Thierry Tuborg, un homme qui continue imperturbable une trajectoire intéressante et sensible.

Mis à jour le 4 juin 2026
D’ailleurs je doute de faire un jour l’objet, moi, Henri Le Plessy, d’une quelconque biographie. Tout ce que l’on pourrait relater, dire ou écrire à mon sujet ne saurait guère relever que du fantasme, du roman, de la fiction.
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