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Année de parution : 2026
Titre original : Spider-Noir
Crédits
Réalisateur(s) : ,

Scénario : Christopher Chen, Jennifer Frazin, Jack Henderson, Megan Liao, Steve Lightfoot, Bruce Marshall Romans, Tori Sampson et Oren Uziel
Musique : Kris Bowers et Michael Dean Parsons

Contexte
Époque :
Régions :
Villes :
5 / 10

Spider-Noir

Réalisateur : ,

Relecture hardboiled de Spider-Man et hommage aux grandes heures du film noir, Spider-Noir ressuscite l'esprit pulp des années 1930 à travers une suite de figures imposées un peu vaines filmées dans un noir et blanc somptueux. La forme du noir sans l'esprit…

Dans une version alternative du New York des années 1930, Ben Reilly n’est pas seulement un détective privé en bout de course comme on en a tant vu. Celui qui fut, peu après la Première Guerre mondiale, le Spider, le seul super-héros de la ville, a raccroché les gants suite à la mort de sa compagne et n’aspire plus qu’à l’oubli. L’apparition soudaine de plusieurs « super humains » va le contraindre à reprendre du service et à affronter la menace bien réelle d’un mafieux mégalomane et de ses propres origines.

Créé dans le cadre des variations « Marvel Noir », qui plongent les héros classiques des comics dans l’univers du film noir (on y croise, entre autres, Daredevil, les X-Men ou le Punisher), Spider-Man Noir est un vibrant hommage au polar hardboiled de Raymond Chandler et Dashiell Hammett, doublé d’un (relatif) brûlot politique qui n’hésite pas à jeter un regard cru sur l’Amérique de la Prohibition et ses contradictions. Déjà présent dans des adaptations en version animée du personnage de Spider-Man (les films du « Spiderverse »), le détective privé redresseur de tort revient en “live” sous les traits de Nicolas Cage, qui lui prêtait déjà sa voix. Annoncée à grand renfort de superlatifs, cette adaptation en mini-série de huit épisodes financée par Sony laissait craindre le pire, tant elle apparaissait portée par des impératifs purement commerciaux, à savoir la nécessité pour la firme de continuer à exploiter le plus longtemps possible la licence Spider-Man, sans pouvoir désormais faire ouvertement référence au personnage, revenu depuis dans le giron Marvel. Un produit bâtard donc, comme les tentatives précédentes (Venom, Kraven, Madame Web…) qui se sont toutes révélées des échecs cuisants.

Passées ces contingences industrielles, arrêtons-nous un instant sur le choix étrange et malavisé d’Amazon de proposer la série en deux versions, noir et blanc et couleurs, tant il est évident que Spider-Noir a été pensé, conçu et filmé pour être apprécié en noir et blanc. Peur de heurter une frange du public réfractaire pour qui l’absence de couleurs est synonyme de “vieux” film ? Toujours est-il que nous vous conseillerons évidemment d’opter pour le noir et blanc, superbe, et qui contribue à ancrer la série dans les années 1930 qu’elle prétend présenter, plutôt qu’une version “colorisée” dont les choix chromatiques, plutôt réussis par ailleurs, évoquent davantage la colorimétrie des grands mélos hollywoodiens signés par Douglas Sirk dans les années 1950.

Tous ces points précisés, que nous propose exactement Spider-Noir ? Un hommage que l’on sent sincère à la grande époque du film noir, parfois au plan près, et aux récits pulps des années 1930, avec le Shadow ou le Spider original en ligne de mire. L’intrigue ne tient guère debout, mais peu importe, les punchlines claquent en permanence et toutes les figures imposées sont bien là : Nicolas Cage singe Bogart et en fait des tonnes comme à l’accoutumée, Brian Gleeson impose sa présence physique massive en chef de gang menaçant, et le casting ne manque ni de l’obligatoire femme fatale, ni du journaliste ambitieux à l’affût du scoop, ni de la secrétaire à la répartie acérée. C’est bien simple, toutes les références y sont, et finissent par étouffer Spider-Noir au point de le transformer en un exercice un peu vain. Au fil des épisodes, on se prend à chercher les clins d’œil, nombreux, aux classiques (La Soif du Mal, Le Faucon Maltais, En Quatrième Vitesse, Le Troisième Homme, Twin Peaks, Le Grand Sommeil…) qui défilent en rang serré le temps d’un plan, d’une réplique ou d’un nom de personnage. Et on finit par s’ennuyer en contemplant ce qui n’est finalement qu’un beau livre d’images un peu lisse doublé d’une partie de Trivial Pursuit cinéphile. C’est dommage, car le personnage, tout comme le genre, méritait mieux.

Spider-Noir (8 épisodes – 45 minutes) : série conçue et réalisée par Oren Uziel et Steve Lightfoot. Avec : Nicolas Cage, Lamorne Morris, Li Jun Li, Karen Rodriguez, Abraham Popoola, Jack Huston, Brendan Gleeson…

Épisodes :
1. Passez dans mon bureau/Dans mon bureau (Step Into My Office)
2. Sois prudent, tu vivras longtemps/Sur le fil (Tread Lightly)
3. Double trahison/Mensonge (Double Cross)
4. Une erreur que je ne ferai plus jamais/Une erreur à ne pas refaire (A Mistake I’ll Never Make Again)
5. Trahison/La trahison (Betrayal)
6. Cauchemar sur civière/Cauchemar dans un labo (Nightmare on a Gurney)
7. Je ne suis pas un héros/Un héros perdu (Nobody’s Hero)
8. L’Homme masqué (The Man in the Mask)

Publié le 17 juin 2026
Mis à jour le 17 juin 2026
Les gens mentent. Seul l’argent dit la vérité.