CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 17,50 €
INFORMATIONS LIVRE
Édité chez
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ISBN : 979-10-347-6585-0
Nombre de pages : 64
Format : 32 X 24 CM
Année de parution : 2024
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8 / 10

American Parano. 1, Black House

Dans ce premier volet d'une enquête en deux albums, Hervé Bourhis (scénario) et Lucas Varela (dessin) nous font découvrir Kymberly Tyler, nouvelle recrue du SFPD qui va se confronter à une enquête criminelle aux relents sataniques dans San Francisco en 1967. Un ton passéiste et une enquête classique mais terriblement efficace appuient un scénario et un dessin marquants.

San Francisco, 10 mai 1967. Premier jour sur le terrain pour l’inspecteur, et non inspectrice, Kimberly Tyler. Alors qu’en fond sonore on entend les ondes de la radio religieuse BTMV, au cœur du Golden Gate National Recreation Area, l’inspecteur fait la connaissance de son coéquipier, le lieutenant Ulysses Ford. Un vieux de la vieille accro à la bouteille. Elle croise aussi d’Abigail Truman, dix-neuf ans, étudiante, ligotée morte et nue à un arbre, torturée, mutilée, arborant un pentagramme inversé sur le ventre, symbole d’un acte sataniste. Pour Ford, Yeval est le coupable-type avec ses messes sataniques dans une vieille maison victorienne en bois du French District. Mais Yeval a un alibi en béton : il n’était pas en ville et donnait des conférences. La nouvelle équipe du SFPD commence alors une enquête classique. Enfin, pas si classique car Kimberly Tyler, avec ses airs nonchalants, est du genre électron libre opiniâtre. Un défaut ou une qualité peut-être génétique : son père était flic dans la même brigade, et s’est suicidé. Alors, elle est revenu à San Francisco et a poussé le « vice » à s’installer dans l’appartement triste de son père. Pour l’heure, c’est plutôt elle qui épaule Ford, qui le soutient quand il est ivre mort, et qui s’attire les foudres de son supérieur. Kimberly Tyler, cependant, manque de se faire tuer à l’occasion d’une messe satanique de Yeval. Mais il y a à cette occasion une nouvelle victime…

Dans une ambiance très films policiers américains des années 1960-1970, Hervé Bourhis (scénario) et Lucas Varela (dessin & couleur) nous embarquent dans une enquête classique ingénieuse. On suit les premier pas de cette enquêtrice qui de prime abord ne paie pas de mine, qui vomit plusieurs fois à cause des mélanges (cigare et tacos, scène de crime et cigare…), et qui semble imperturbable devant ce qui lui arrive (même quand elle est blessée à l’épaule dans le noir et l’agitation). Véritable polar urbain avec des tonalités fantastiques (la messe noire, les mises en scène des corps des victimes), ce premier volet du diptyque Black House met en place des éléments très rapidement et fonce à cent à l’heure avec efficacité. San Francisco, avec ces deux auteurs, est une ville fantastique (elle aussi) avec son French District, son pont légendaire, sa radio étrange, son commissariat d’hommes qui voient arriver une femme flic. On découvre cette ville en même temps que l’héroïne de cette histoire. Et en même temps que l’on découvre des pans de la vie de cette héroïne. Le tout dans un dessin volontairement nostalgique, passéiste, avec des tonalités mates et beaucoup de rondeur dans les silhouettes de ses personnages, qui parfois apparaissent comme figés.  Avec un trait talentueux et plein de grâce.

Mis à jour le 12 octobre 2026
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