CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 17,50 €
INFORMATIONS LIVRE
Édité chez
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ISBN : 979-10-347-7029-8
Nombre de pages : 62
Format : 32 X 24 CM
Année de parution : 2024
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8 / 10

American Parano. 2, Black House

L'album clot cette enquête en deux volumes situées à San Francisco en 1967. Une enquête classique et efficace qui traque un pervers satanique, perverti sexuel, dans une ambiance ici qui baigne dans la culture, le psychédélique et la noirceur de la société. Une très belle réussite à tous points de vue signée Hervé Bourhis et Lucas Varela.

Après avoir posé ses bagages dans l’appartement de son défunt père et pris en quelque sorte sa place au SFPD, l’inspectrice Kimberly Tyler poursuit sa première enquête, celle d’un tueur en série aux motivations troubles qui hésitent entre satanisme et religiosité poussée à l’extrême dans la ville de San Francisco en cette année 1967. Le vieil inspecteur Ulysses Ford à l’hôpital, Tyler fait dorénavant équipe avec Taft, un inspecteur de sa génération avec qui elle va avoir une petite histoire, mais c’est justement une autre histoire. La piste Yeval étant momentanément écartée, Taylor va reprendre certains éléments et revenir vers la Mission San Juan Batista où ses investigations l’avaient mené à un semblant de cul de sac. Cependant, les disparitions du père Jimenez et de Hooverfield vont aboutir à d’autres perspectives concernant les meurtres horribles de jeunes femmes de San Francisco. Et alors qu’une course-poursuite entre les forces du SFPD et un homme à moto s’engage, Taylor se retrouve bientôt esseulée aux portes de l’antre du diable. Comment s’en sortira-t-elle ?

Second volet de Black House, ce volume reprend tout ce qui a fait le charme du premier – bande musicale, fréquence radio religio-beatnik, ambiance psychédélique, éléments gothiques. On en apprend plus sur la personnalité de Taylor (personnage vraiment bien fouillé et qui n’est pas un archétype, bien au contraire), sur ce qu’elle traverse, sur ce qu’a été son père, sur l’évolution de ses rapports avec cet énigmatique Yeval qui semble tout connaître d’elle (et qui comme elle est loin d’être un archétype, loin d’être un personnage clivant manichéen, qui a des zones d’ombres et de lumières). Les auteurs nous ravissent de pleines-pages étranges (la bâtisse noire labyrinthique de Yeval, l’ancienne mission mexicaine San Juan Batista et son cimetière, le pont légendaire de San Francisco, la forêt et son antre qui auraient pu être peints par un maître du romantisme). Et puis il y a ces personnages qui semblent figés un peu à la Tardi dans « Les Aventures d’Adèle Blanc-Sec » (qui ont par ailleurs le même côté freaks dans un cabinet de curiosités). Tous ces éléments confèrent à cette première enquête en deux volets un aspect merveilleux dans un univers mat où le trait d’Arthur Varela prend tout son sens. Si l’enquête se clôt logiquement, après quelques péripéties et dans une ambiance culturelle, politique et urbaine qui pourrait rappeler James Ellroy, il demeure certaines interrogations. Vivement la suite avec cette héroïne badass faussement nonchalante. Car, oui, il y a bien une suite, indépendante de cette enquête.

Mis à jour le 14 octobre 2026
Hmmm… Je vais vous décevoir, mais pas du tout. Et je préfère qu’on vienne à moi. Mais que voulez-vous, les femmes sont attirées par l’interdit. Au moins autant que les hommes, d’ailleurs. Si ce n’est plus. Même vous inspectrice Tyler. Vous avez surement des zones d’ombre. La jouissance très catholique de la culpabilité, par exemple. Vos petites déviances… Vous voulez qu’on en parle ? Peut-être êtes-vous attirée par moi, qui sait ?
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