Max, Laurence et leur petite fille Charlie sont heureux : ils viennent de partir en vacances, sont au camping de Lac aux Sables et se baignent. Mais le soir, tout dérape quand un voisin prend la petite fille sur ses genoux et que Max y voit un début d’acte pédophile. Comme il s’est battu avec l’homme, il préfère quitter le camping en pleine nuit alors qu’un orage menace. Comme David Vincent, dans une célèbre série, il ne trouve pas la bonne route et finit coincé dans un chemin boueux tandis que la pluie tombe violemment. En sortant pour chercher des secours, il tombe sur une scène équivoque : deux hommes sont en train de se pencher sur une femme qui a l’air morte (elle l’est effectivement). Il se met à crier avant que les hommes n’aient le temps d’expliquer et l’un des deux, devenu fou, lui tire dessus. Sa femme et sa fille s’enfuient dans les bois. Des gens du camping ayant compris que la voiture de Max avait pris un mauvais chemin se trouvent eux aussi dans le coin et entendent le coup de feu. La police se met en branle. Tandis que le tireur veut liquider la femme et la fille pour sa tranquillité, que son ami essaie de le raisonner, les secours s’organisent.
Voici le point de départ du roman, un récit noir et qui va également surprendre car, et nous ne voudrions pas déflorer l’intrigue, il y a une deuxième partie, très forte émotionnellement, et qui est la suite « logique » de la première. Baignades est très centré sur les personnages, sur leurs désirs, sur leurs failles, sur les envies inexprimés et le sexe qui viennent perturber la vie normale, sur la façon dont chacun s’accommode de la violence, ou non. Récit qui reprend des trajectoires blessées, des moments où un détail fait basculer la vie dans ses côtés les plus horribles, où un petit caillou fait déraper la destinée, le roman évoque les baignades (du titre) comme des moments de grâce suspendue où pourraient s’effacer tous les péchés du monde (ou bien les laver). Roman très noir, qui joue sur la culpabilité, la rédemption possible, les incompréhensions qui troublent la pensée, Baignades est un texte abouti, fort, peuplé d’images qui ne quittent pas le lecteur (comme Laurence qui pour empêcher Charlie d’avoir peur lui raconte même au plus fort de l’horreur des histoires avec des « gentils bucherons »). André A. Michaud nous avait habitués à des textes forts. Avec Baignades, l’auteur pousse le curseur encore plus haut.