Madjid Müller est un tueur à gages. Cela ne l’empêche pas de vivre tranquillement avec sa femme et sa fille, qui ignorent tout de ses activités. Il achète des appartements avec les gains de ses contrats pour sécuriser sa vie. Mais il préfère tuer des gens pour des motifs éthiques. Aussi est-il de prime abord d’accord pour accepter sa nouvelle mission : tuer un vieil homme en maison de retraite à Besançon. C’est un ancien pédophile et l’une des ses anciennes victimes veut le voir mourir. Il entame alors sa mission mais il y a un petit problème : le commanditaire veut être présent sur les lieux du crime et châtrer le vieil homme avant que le tueur n’accomplisse l’acte final. Coincé, Majid Müller est bien obligé d’entrer dans ce plan. Mais il ne sait pas exactement dans quoi il s’est engagé, d’autant qu’il découvre que le vieil homme n’est pas n’importe qui mais une très grosse fortune de la région franc-comtoise.
Jacky Schwartzmann continue sa trajectoire particulière dans le polar français : tout d’abord, bisontin, il situe son histoire dans ce cadre-là avec entre autre un riche fabricant horloger dans une maison de retraite luxueuse, dans un fauteuil roulant et se souvenant surtout de sa vie sexuelle intense d’antan. Ensuite, le personnage central a décidé de vivre aux marges de la loi mais se trouve confronté à une histoire qui va le dépasser, qui va le mener de Charybde en Scylla au fur et à mesure de son avancée. C’est le cas ici avec un commanditaire particulièrement nul, des intermédiaires foireux et qui veulent le tuer et les obligations qu’il a de tout cacher à sa famille. L’ensemble de ces événements renforce à la fois le suspense (comment va-t-il s’en sortir?) et l’humour des situations (le tueur obligé d’acheter des couches pour sa victime, le commanditaire qui hésite sur les instruments à utiliser pour châtrer sa cible et commentant ses doutes dans un magasin de bricolage.). Le tout est mené avec entrain et un cynisme réjouissant qui emporte le lecteur du début à la fin. Encore un petit bijou d’humour noir.