Détective privé marseillais en mal de travail (y en a-t-il d’autres ?), Rocco Siciliano voit débarquer une gironde cliente du nom de Lilou Miletti. Son travail : retrouver une personne disparue, le ci-devant Septime Ricard, agent sportif de son état. C’est-à-dire chargé de s’occuper des vedettes du sport, ici du dieu football. Seul indice : les visites d’un inconnu peu de temps avant sa disparition. Or la société de Ricard était en liquidation judiciaire, lui qui avait commis une série de mauvais choix qui lui avaient valu cette épithète de « tocard ». Pourtant, il venait de découvrir une future vedette du ballon rond en la présence d’Abdou Onharu, un jeune Nigérien. Sauf que celui-ci a plongé dans l’intervalle dans la drogue et a fini par se pendre sans que son agent ne lève le petit doigt. Mais Siciliano va découvrir que l’introuvable agent avait bien des raisons de vouloir disparaître sans laisser de traces. Surtout lorsque les cadavres commencent à pleuvoir…
Le récit à base de détective privé, s’il n’est plus ce qu’il était, a toujours des sursauts, notamment aux États-Unis où il y a toujours toute une petite industrie, avec parfois d’excellents résultats (Ed Gorman, par exemple), mais pas mal de séries toutes semblables basées sur le « c’était mieux avant. Ce roman de Patrick Barbuscia ne cherche pas à révolutionner le genre et se veut presque un exercice du style : première personne, langue dure-à-cuire, enquête en marabout-d’ficelle dûment embrouillée — mais avec une résolution logique — tout y est, mené à un rythme d’enfer, ce qui n’est pas toujours le cas, avec une certaine gouaille assez marseillaise en effet sans tomber dans la mode passée du « polar marseillais » avé l’assent pour faire rire les Parisiens (et qui commençait à nous escagasser sévère). Donc, pour peu qu’on apprécie ce style et ce genre désuet, on peut s’y aventurer sans crainte.