Charline, quatorze ans, est une jeune fille qui vient de finir ses années collège et découvre le monde du lycée. Elle a des amis et certaines commencent à lui montrer des vidéos pornographiques. Charline est perturbée car elle voit des images non seulement choquantes mais surtout ennuyeuses pour elle : en effet, si l’on distingue mal la protagoniste de scènes torrides, on aperçoit quand même un petit tatouage discret à un endroit précis et il n’y a aucun doute possible. C’est le papillon que sa mère s’est fait tatouer il y a bien longtemps. Cette découverte va créer des remous importants sur la scolarité de Charline, sur sa relation avec ses camarades de classe, sur ses relations avec sa mère et avec son beau-père.
Le texte de Jérémie Bouquin fait partie d’une collection (intéressante) qui joue justement sur des textes assez courts, plutôt conçus pour toucher les adolescents et les jeunes adultes. Ne prenant pas le parti de rendre roses les choses, le roman s’inscrit bien dans cette collection en présentant les facettes d’une révélation, les réactions et les sursauts que cela provoquent chez les différents protagonistes. Les dernières pages renforcent encore l’intérêt de l’ouvrage en décalant un peu l’intrigue, de manière intéressante et logique. Par delà le public visé, Mue pourra également intéresser tous les lecteurs qui apprécient un regard aiguisé, une description empreinte de noirceur réaliste, pour présenter des faits, qui, en partie au moins, ont dû toucher (ou toucheront) plus d’une famille française. Pour ceux qui l’ignorent, Jérémy Bouquin est un auteur à découvrir et à apprécier.