Edward G. Pump est devenu rapidement un notable de la petite bourgade de Blackville en Arizona. Ses petites trahisons avec la véracité des faits n’ont pas eu raison de son impudence. Seule l’arrivée de la cousine Betty est à même de mettre en danger l’édifice qu’il a bâti. Mais Elizabeth n’est pas sa « cousine » pour rien : c’est une femme de la même trempe que lui, sans le sou mais qui cherche la fortune. Les deux ne tardent pas à s’associer dans tous les sens du terme. Mais quelque part, Blackville est un terrain trop petit pour leurs ambitions. Sitôt réglé le compte du hors-la-loi Wigelow (un homme peu fiable et qui aurait pu le faire chanter, responsable de l’attaque initiale de la diligence, voir le premier volet), Pump se remémore la malle de sa « tante » Clémentine remisée au grenier. Hormis quelques actions qui n’ont plus aucun cours, les amants mettent la main sur un titre de propriété de quatre cents hectares à Pentonville. Quoique incertains de ce périple, ils se rendant là-bas et découvrent ahuris que le terrain, en pleine vallée des serpents, ne vaut pas tripette. Seulement, les amants ont de la ressource, et ils savent prospecter. Le train devait passer par là. Il n’y passe plus. Il n’y a qu’à le faire revenir.

On retrouve avec plaisir le couple Eddie- Betty esquissé en toute fin du premier volet de la série « Pump ». Un deuxième épisode concocté par Rodolphe (scénario) et Laurent Gnoni (dessin) qui raccroche des wagons avant de nous plonger dans la conquête de l’Ouest dans ce qu’elle a de merveilleux et d’effrayant à la fois : les deux complices sont des faussaires patentés, ils sont cyniques, ils n’ont pas froid aux yeux, ils semblent se respecter (en est-on sûr tant la trahison fait toujours sonner ses éperons) et surtout ils ont une tendance à faire la pluie et le beau temps, ce qui en langage de western se résume à « faire le train et la ruée vers l’or ». Laurent Gnoni avec son trait élégiaque continue de faire arpenter un terrain sauvage mais propre à ses héros, qui eux aussi sont assez propres sur eux. Sorte de Fabulous Two, le couple d’amants use sans en abuser des clichés de la conquête de l’Ouest (comment ne pas penser devant cette ville fantôme avec son hôtel et sa gare à Il était une fois dans l’Ouest ?). Tout y passe depuis la Vallée des serpents jusqu’à la découverte d’une pépite d’or dans un ruisseau. La chance semble, elle, sourire à nos audacieux amants. La question qui se pose est : jusqu’où ? Il faudra bien un troisième volet pour en avoir une idée. Rodolphe n’est plus mais il a laissé derrière lui quelques suites à ses histoires, dont une à « Pump ».