Dix mois après Noël, les jumeaux de Lori Shepherd commencent à parler et bouger, et cette dernière s’ennuie à en mourir dans son cottage des Cotswolds… Jusqu’à ce que Stan Finderman, son ancien patron, lui propose un travail : évaluer la bibliothèque de Wyrdhurst Hall, un manoir perdu du Northumberland, acheté en cadeau de mariage par un magnat de la ferraille, Richard Fleetwood Byrd. Elle accepte avec enthousiasme, mais alors qu’elle se rend au manoir, sa Range Rover — et avec elle son ours en peluche préféré — est emportée par une coulée de boue. Lori est recueillie par un étranger, un écrivain nommé Adam Chase vivant en reclus… mais à qui Lori, bien que mariée, n’est pas insensible. À son arrivée au manoir, un nommé Guy Manning vient la trouver : il représente l’armée, à qui appartenait le chemin où a été emportée sa voiture. Or la barrière empêchant les civils d’y pénétrer était relevée alors qu’elle aurait dû être abaissée. Est-il possible que ce soit un piège ? Mais ce n’est pas tout : Lori découvre l’histoire complexe du manoir, qui ne serait pas complet sans son fantôme. Celui que Lori croit voir… Heureusement, elle peut compter sur les lumières de Dimity même si, cette fois, elle n’est peut-être pas la seule présence surnaturelle…
À ce genre de roman, on ne demande pas l’originalité, au contraire. Et là, on pourrait parfaitement se croire dans un livre des années 1930, avec son manoir, ses passages secrets et même le cliché des yeux évidés d’un tableau ! Cela suffira-t-il ? Le lectorat du roman à énigmes, estampillé aujourd’hui « cosy mystery », veut surtout ne pas être bousculé, et là, si on accepte l’aspect surnaturel, tous les clichés sont présents, avec une fois de plus une intrigue qui trouve son origine dans une des Guerres mondiales et des romances du passé. Cette fois, la personnalité de la narratrice (un rien guindée comme il se doit) et le style de Nancy Atherton s’effacent devant une intrigue assez complexe… mais la façon dont l’un des fils est résolu (assez rapidement comme si l’auteure elle-même n’était pas convaincue) est plutôt capillotractée. Comme dans chaque roman, l’héroïne mariée s’attache à un étranger, et comme toujours, la morale reste sauve… Et en dépit du décor, il ne faut pas s’attendre à des frissons façon Le Chien des Baskerville : le roman va puiser dans l’inévitable recette de cuisine. Nancy Atherton y a trouvé une recette et la sert avec un brin d’assaisonnement différent à chaque livre avec plus de talent que ses concurrentes. Il faut croire que ça marche, puisqu’on en est à vingt-cinq tomes… (Et celui-ci est le sixième, pas le cinquième comme le dit la quatrième de couverture, le premier étant comptabilisé sans raison comme « Tome 0 »…)