CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 22,95 €
INFORMATIONS LIVRE
Édité chez
ISBN : 978-2-505-12157-2
Nombre de pages : 84
Format : 29 X 23 CM
Année de parution : 2025
Crédits
Illustrateur(s) :
Scénariste(s) :

Adapté de Georges Simenon.
Couleurs : Isabelle Merlet & Jean-Jacques Rouger.

Contexte
Époque :
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8 / 10

Les Clients d’Avrenos

Illustrateur :
Scénariste :

Adaptant un roman de Simenon, Matiussi et Fromental redonnent vie à un décor d'aventure exotique mâtiné de romance. Surtout, ils nous plongent dans Istanbul après la Deuxième Guerre mondiale et nous offrent en Nouchi une aventurière de première classe. Une bande dessinée avec un trait prononcé et identifiable, qui donne envie d'être relue.

Bernard de Jonsac, diplomate français en Turquie, croise la route de Nouchi, jeune danseuse hongroise sur le point d’être expulsée en raison de ses mœurs. D’abord distant, l’homme devient peu à peu amoureux fou de Nouchi, qu’il emmène avec lui à Istanbul, avec qui il se marie (pour ne pas qu’elle soit expulsée mais mariage « non consommé » qui le rendre très malheureux, lui assure-t-elle) et qu’il voit s’épanouir, trainant du côté du café d’Avrenos, frayant avec des hommes plus ou moins louches, projetant quelques affaires peu scrupuleuses. Flegmatique, impassible et fataliste, Jonsac subit les affres de la jalousie même si Nouchi n’appartient à personne hormis elle-même et même si elle jure qu’elle ne se laissera toucher par personne, son mari clandestin y compris. Nouchi voyant Jonsac malheureux tente de le jeter entre les bras de Lelia. Mais ce faisant, quelque chose lui échappe. Et Jonsac, de son côté, est pressé par l’ambassadeur français de mettre fin à certaines rumeurs. Or, il ne sait exactement comment se sortir de cette affaire, d’autant plus qu’à un moment tout dérape.

La rencontre entre Nouchi et Jonsac à Ankara

Avec ses teintes pastel et ses couleurs mat, la bande dessinée illustrée par Laureline Matiussi se rapproche fortement de la touche de Loustal, qui a déjà par le passé mis en images Simenon (notamment pour Omnibus). Mais l’autrice appose sa patte sur les silhouettes, les visages, le rythme. Chaque page de ces Clients d’Avrenos est en soi une œuvre à part. On s’arrête, on se délecte, on revient en arrière. Il y a de fausses imperfections. Surtout, une tonalité languissante et passéiste qui va comme un gant à cette histoire qui hésite entre espionnage, aventure et romance dramatique, et qui s’attarde sur le portrait d’une aventurière. On est dans un récit de Simenon mais on pourrait être dans un roman d’Eric Ambler qui nous plongerait dans un Istanbul interlope. Et c’est bien le cas. Le profil de Jonsac, parfaitement dépeint par Jean-Luc Fromental, est celui d’un parvenu, parti de ses terres de Dordogne tenté d’exister et qui y a échoué. C’est alors qu’intervient Nouchi, qui lui met le grappin dessus, qui lui dit pourquoi elle lui a mis le grappin dessus, et qui le cerne parfaitement (comme lorsqu’elle lui explique pourquoi Lelia est tombée amoureuse de lui). Jonsac, c’est l’antithèse du héros. Et c’est cette dualité proposée, sur fond de duel, qui est intéressante dans l’adaptation de ce roman en bande dessinée. Ça et les personnages et les décors. Une bien belle et adaptation d’une histoire terriblement cruelle.

Publié le 12 mai 2026
Mis à jour le 12 mai 2026
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