CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 6,50 €
INFORMATIONS LIVRE
Édité chez
Collection :
Numéro collection : 221
ISBN : 978-2-7436-4010-1
Nombre de pages : 152
Format : 17 X 11 CM
Année de parution : 1986
Titre original : Ordo
Crédits
Auteur(s) :
Traducteur(s) :

Préface de Robert Soulat.

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8 / 10

Ordo

En 1986, Donald Westlake écrit Ordo, un court roman singulier dans lequel le personnage d'Ordo, marin, recroise la route de sa première femme devenue star d'Hollywood. L'auteur décrit avec subtilité les deux trajectoires, comment elles se recoupent et comment elles vont inéluctablement s'éloigner. Lumineux et mélancolique à la fois.

Matelot de Première Classe dans la Marine américaine, Ordo Tupikos attend tranquillement la retraite après une quinzaine d’années sous les drapeaux. Jusqu’à ce jour du 7 octobre 1974 où l’un de ses amis découvre son nom dans une revue de ragots cinématographiques. Il aurait été le premier mari de Dawn Devayne, star éblouissante de Hollywood. En 1958, alors qu’elle s’appelait encore Estelle Antic, la future actrice, mineure au moment des faits, s’était marié avec ce benêt d’Ordo, vingt-quatre ans à l’époque. Un mariage auquel la mère d’Estelle avait vite mis un terme. L’article interpelle Ordo. Surtout la photo qui l’illustre, prise au moment du mariage. Car si lui est bien reconnaissable et n’a que très peu changé, l’Estelle ou la Dawn aujourd’hui, parait bien différente de l’image qu’il a conservé d’elle. Une image fidèle au vieux cliché de mauvaise qualité. Et ça le turlupine au point de lui faire prendre un congé et de partir pour Hollywood recroiser, il ne sait trop pourquoi, le chemin de cette femme. Un peu contre toute attente, il va la retrouver, renouer avec elle, entamer une nouvelle liaison et frayer avec un milieu qui lui est totalement étranger, entraîné dans le sillage de Dawn Devayne, une femme à l’opposé d’Estelle Antic. Ordo va côtoyer des sommets mais pour lui le réveil sera cruel.

Court roman élégiaque, Ordo est à mettre à part dans l’œuvre de Donald Westlake. C’est avant tout le tableau d’une femme indépendante, une femme fatale qui aurait pu être fataliste, qui joue sur le besoin d’oublier qui elle a été pour se concentrer sur qui elle est. Une femme qui a disparu quelque part pour apparaître autre part sous une nouvelle identité. Qui avait le besoin de s’extraire de sa condition symbolisée par la figure de sa mère. Et qui ne veut surtout pas qu’on lui rappelle son passé. Mais ce qui surprend le plus dans le roman de Donald Westlake, outre la trame minimaliste, c’est bien le style, totalement à l’opposé de ce qu’il est dans les aventures de Dortmunder ou dans celles de Parker (sous le pseudonyme de Richard Stark). Ici, il est tout en finesse, en subtilité comme attendri. Il y a de la rondeur et une grande sensibilité, un peu comme dans Retour à la vie, premier roman de David Goodis. On pourrait justement le taxer de classicisme du premier roman, sauf qu’il a été écrit par un auteur expérimenté. Un roman unitaire et singulier. Une histoire tendre et féroce à la fois. Une autre vision du retour à la vie.

Publié le 9 mai 2026
Mis à jour le 10 mai 2026
Mon nom est Ordo Tupikos, et je suis né à North Flat (Wyoming) le 9 novembre 1936. Mon père était de sang grec, suédois et indien d’Amérique, cependant que ma mère était mi-irlandaise, mi-italienne. Tous deux étaient nés aux États-Unis, je suis donc un Américain cent pour cent.
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