CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 22,00 €
INFORMATIONS LIVRE
Édité chez
Langue :
ISBN : 978-2-7024-5291-2
Nombre de pages : 310
Format : 21 X 13 CM
Année de parution : 2026
Crédits
Auteur(s) :
Contexte
Pays :
Villes :
CHRONIQUES > LIVRES >
4 / 10

La Rancune des morts

Gilda Piersant peine à convaincre avec ce roman à la construction habile mais avec des ficelles que le lecteur perçoit plus vite que ses personnages. Il reste le portrait de Béatrice, chanteuse d'opéra, qui a vécu un drame vingt ans auparavant forcée de revenir sur son passé.

Nous sommes en 1994 à Rome. Antonia Vali s’apprête à divorcer de son mari, célèbre écrivain, parti vivre chez sa maîtresse plus jeune. Elle est sur le point de ressortir des affaires de leur jeunesse, quand ils vivaient dans un squat, affaires qui pourraient remettre en cause le mensonge sur lequel est construite leur vie (ou plutôt les mensonges). Cela risque pourtant de détruire aussi leurs enfants : Béatrice, jeune fille de 17 ans, qui file un amour étrange avec un autre lycéen, sorti du lycée et passant sa vie plutôt à se droguer ; et Livio, le plus jeune des deux. Alors que le mari vient pour discuter du divorce, il tombe sur le corps d’Antonia, lardée de 53 coups de couteau. Et sa fille arrive sur ses entrefaites. Quand la police débarque, le policier chargé de l’enquête se pose des questions sur la culpabilité du mari (mais il aurait réussi à cacher l’arme du crime et ses habits tachés de sang en quelques minutes). Et Béatrice semble perturbée mais par forcément à cause du meurtre en lui-même. Peut-être connaît-elle le coupable. Il pourrait s’agir de son petit ami. Le policier se retrouve aussi embêté par un carton qu’il retrouve et où se trouve le manuscrit du premier roman, qui rendit célèbre l’écrivain. Quelques jours plus tard, on découvre le corps noyé, sans doute suite à une trop grande consommation de stupéfiants, du petit ami de Béatrice. Vingt ans plus tard, Béatrice, devenue chanteuse d’opéra, revient à Rome et est victime d’une attaque cardiaque, qui l’oblige aussi à revenir sur l’année 1994.

Le roman de Gilda Piersanti jongle avec les événements de 1994, entrant dans les détails de l’enquête, de manière assez classique, avec un policier qui doute devant ce qui semble être la possibilité la plus évidente. Cela permet en 2014 de revivre à travers le destin de la jeune femme ce qui s’est passé auparavant, notamment aussi sur la période du squat. Cette triple épaisseur est intéressante mais l’autrice peine un peu à nous rendre cela au sein d‘une intrigue angoissante ou ménageant le suspense. Nous suivons l’ensemble de l’intrigue de manière évidente, comme mené par la main, mais sans douter et en ayant l’impression de progresser plus vite que les personnages dans la vérité. Avec ce roman, le lecteur voit plus les ficelles que la construction et c’est un peu dommage.

Mis à jour le 4 juin 2026
C’était pourtant elle qui avait édifié son projet d’écrivain, jour après jours : sans elle, il serait aujourd’hui un homme perdu. Perdu non pour la littérature, qui se passerait bien d’un écrivain médiocre de plus, capable d’inventer des histoires à rebondissements d’une répétitivité assommante. Non, il serait perdu pour lui-même.
CONTINUEZ VOTRE LECTURE..