Le capitaine Jébédiah Charon a été blessé il y a trois ans et n’a pas pu empêcher la mort de son coéquipier. Problème, il était en relation amoureuse avec sa fille Sasha Drouot, médecin légiste. Le couple a cassé et Sasha Drouot officie depuis à Nancy. Cette dernière doit s’occuper d’un corps retrouvé mais avec une mort très étrange : le corps a été brûlé « à petit feu » et les yeux enlevés lorsque la victime, une jeune femme, était encore vivante. Et quelle n’est pas sa surprise de découvrir que l’officier en charge de l’affaire n’est autre que Charon, revenu à Nancy ? Une deuxième victime est vite découverte et une troisième jeune femme a disparu. Si un coupable potentiel a été repéré, il est difficile de prouver se culpabilité et le capitaine Jébédiah Charon n’est pas toujours bien à l’aise avec la légalité policière. Surtout qu’il doit en même temps gérer ses relations avec Sasha, qui s’investit dans l’enquête et risque de son côté d’être prise comme cible par le tueur…
Au départ du roman, le lecteur s’inquiète un peu tant le texte semble calibré : relations psychologiques complexes et rudes entres les « policiers », monologues intérieurs du tueur à la double personnalité qui ponctue les chapitres, crimes assez horribles, vus depuis les victimes. Puis Charlotte Letourneyr change la donne, décale les perspectives, offre de nouvelles pistes et sait maintenir les surprises jusqu’à la fin. Il faut donc accepter ce début un peu plan-plan et qui résonne comme une série z télévisuelle avant de voir le roman décoller et nous proposer une deuxième partie plus maîtrisée et intéressante.