L’officier des services secrets américain Sam Joseph est envoyé pour une mission somme toute banale : un agent russe a demandé à rencontrer un officier américain pour lui transmettre une information importante. La rencontre se fera dans un casino de Singapour. L’information est transmise, mais l’agent russe est tué et alors qu’il remonte dans sa chambre d’hôtel, l’agent américain est drogué et exfiltré vers la Russie où il sera torturé durant plusieurs semaines. Il n’avouera rien, jouant à l’idiot et sera finalement libéré. Entre-temps, les instances dirigeantes de la CIA profiteront de l’occasion pour accuser d’avoir mal géré l’affaire Artemis Procter, l’une des patronnes de l’agence. Cette dernière est alors virée et envoyée se reposer dans un parc d’attraction de crocodiles dont elle connaît le patron. C’est d’ailleurs là qu’elle reçoit la visite de Sam Joseph, sorti des geôles russes. Il lui donne le message que, avant d’être tué, l’informateur lui avait transmis : il y a un traître, dans les instances dirigeantes de la CIA, un homme placé par les Russes et qu’ils n’utilisent pas, n’attendant que le moment où cet homme sera dans une position de force suffisante pour détruire de l’intérieur l’agence américaine.
Artemis est consternée car elle comprend que le traître est sans doute l’un des quatre hommes avec qui elle a débuté et mené des coups tordus. Comment l’un d’eux a-t-il pu trahir ? Surtout comment arriver à trouver qui est le coupable, alors qu’en plus elle a perdu toutes ses prérogatives et que le seul moyen de relancer l’enquête serait de mettre dans la confidence, forcément, celui qui pourrait être le traître ?! Mais rien n’arrête une Artemis qui veut revenir au centre du jeu…
On avait suivi les aventures d’Artemis Procter et de ses compagnons dans deux autres intrigues : la première en Syrie (Mission Damas) et la seconde à Moscou (Mission Moscou). Dans ce troisième volet, peut-être clôturant la série (même si il pourrait être difficile de se passer d’un personnage aussi bien dessiné et conçu qu’Artemis Procter). Toujours est-il que pour ce troisième épisode, David McCloskey ne joue pas la facilité et décide de resserrer encore plus son intrigue autour des personnages, dans une crise complexe où d’un côté il faut démasquer un traître, et de l’autre, un machiavélique russe essaie de faire tout que la vérité ne puisse pas apparaître. Suite de coups et de contre-coups, d’un jeu d’échec complexe où tout est signe et tout peut être interprété, s’appuyant sur des personnages décrits avec soin dans leurs obsessions, le roman se dévore d’une seule traite, renouant avec les grands romans d’atmosphère du genre, ceux d’un John Le carré par exemple. Une trilogie qui s’impose comme une des réussites de ces dernières années.