Ciara rencontre Oliver dans un supermarché de Dublin. Ils se découvrent un intérêt commun pour le Kennedy Center et les navettes spatiales, vont prendre un café et laissent les choses suivre leur cours… Sauf que quelque temps plus tard, l’épidémie de Covid 19 force les autorités à instaurer à leur tour un confinement. Les deux tourtereaux décident de passer cette période dans l’appartement d’Oliver, le plus grand des deux. Une décision plus dure pour Oliver, qui doit rester constamment sur ses gardes. Mais pourquoi ? Que redoute-t-il tant ? Ciara n’a-t-elle pas également ses secrets ? Leur rencontre était-elle un simple hasard ? Et aujourd’hui, la Garda, la police dublinoise est appelée dans le lotissement d’Oliver. Les policiers Leah et Karl y trouvent un cadavre dans la douche, la nuque brisée. Qui est-il ? Et que s’est-il passé ? Qui a manipulé qui ?
Sans être transcendant, Le Courant d’air faisait presque figure de bonne surprise dans la déliquescence du genre au Royaume-Uni, entièrement voué aux thrillers-Netflix faits par-dessus la jambe. 56 jours raconte une histoire plus minimaliste qui doit également beaucoup à la romance (il pourrait même être classé dans les « suspense romantiques ») Ce qui est qualité et défaut… Le roman prend donc place durant l’épidémie de Covid 19 et dépendra de si le lecteur aura ou pas envie de revisiter cette période. Pour le reste, il commence comme une romance lambda, une rencontre entre deux personnes comme il y en a tant – les personnages étant juste un peu moins stéréotypé que la moyenne. On se retrouve vite à jongler entre deux lignes temporelles, ce qui semble plutôt une façon de relancer artificiellement l’attention. Mais, éternel problème, il faut bien noircir de la page… On a donc une description minutieuse des faits et gestes des deux policiers alors même que leur importance dans l’intrigue est négligeable ainsi que celle d’un personnage de voisine qui ne s’impose pas vraiment. Bref, c’est encore un sujet de nouvelle étiré sur 350 pages, d’autant que les révélations finales sont assez légères – mais conformes au parti pris de réalisme de Catherine Ryan Howard. Un tel récit pourrait surtout se passer en ce moment dans n’importe quelle ville du monde… Ce qui est à la fois la qualité et le défaut du roman, qui peut relever du fameux « tout ça pour ça ».