En argentine, Victor Mondragon est un gangster plutôt indépendant qui mène ses missions avec violence et revient régulièrement pour s’occuper de sa fille Ámbar qui vit sous différentes identités et panse ses blessures (celles qui causent des cicatrices à son père), cherchant aussi à renouer avec sa mère, partie on ne sait trop où. Mais un jour, Mondragon rentre d’une affaire dangereuse où il a doublé un gang de trafiquants pour leur voler une cargaison qu’il va revendre à d’autres. Et alors qu’il rentre à la maison, il échappe de justesse à la mort, son complice, lui, étant abattu. Il comprend très vite qu’il doit se venger. D’abord, parce que c’est dans sa nature violente, mais aussi parce que s’il n’élimine pas ses ennemis, ceux-ci vont le poursuivre et vont être prêts à faire parler Ámbar et sa mère si ces dernières tombent entre leurs mains. Nous allons donc suivre Ámbar, qui tente de reconstituer les fils de cette course poursuite, essayant de sauver son père, de croiser sa mère, de découvrir des amis et des amoureux (ce qui n’est pas facile quand on est en fuite perpétuelle, en changeant sans cesse de nom et d’identité) et de lutter contre ses poursuivants.
Pour ce roman, Nicolás Ferraro a obtenu le prix Dashell Hammett en 2022. Deuxième titre qui arrive en nos contrées, Ámbar prolonge l’excellente impression que nous avait donnée Notre dernière part de ciel. Centré sur un personnage cabossé par la vie, entré dans la violence subie et donnée comme la nature profonde d’un être humain, le récit raconte les quelques jours d’une course-poursuite haletante. Entre descriptions d’un quotidien d’attente, de quelques rêves de « vie normale » (jouer avec un ordinateur, avoir des amis, rencontrer des petits amis potentiels) et moments d’actions violentes et sanglantes, Ámbar se déroule, implacable, insolent, comme un des premiers films de Quentin Tarantino, entre scènes rudes et bruts de décoffrage, et questions du personnage sur la (meilleure) façon de mener sa vie. Un grand moment de roman noir.