Cinq années auparavant, un groupe de six amis se sont rendus à un festival de musique en plein air. Parmi ces amis, des couples constitués, même si l’un des garçons était plutôt volage et couchait en même temps avec une autre fille. Il y avait également deux grandes amies, l’une, Marta, attirée par le frère de sa copine, mais qui se demandait s’il était possible d’avoir une relation avec ce garçon alors que les deux femmes était fusionnelles. Parmi eux, également, un ami peut-être amoureux d’une des filles, se destinait à entrer dans la police. Toujours est-il que durant le festival, Marta disparaît et qu’il sera impossible de la retrouver. Elle a cependant laissé un message sur le portable de son amie. Mais est-ce vraiment elle qui l’a écrit ? Cinq ans ont passé et le groupe de « cinq survivants » a plus ou moins implosé. Mais aujourd’hui, Jonathan, qui est devenu le gérant d’un hôtel de luxe caché au milieu d’un parc naturel les invite pour renouer le contact. Ils les accueillera avec sa compagne Lotta. Comme s’il voulait même revenir au « bon vieux temps », il les a invité à un repas associé à une murder party. Alors que tous sont là, que le jeu commence, le doute s’immisce car la partie qu’ils jouent ressemble à un décalque, avec quelques variantes, de ce qu’ils ont vécu avec Marta. Est-ce normal ? Est-ce truqué ? Est-ce Marta, vivante, qui veut les provoquer ? Qui veut ainsi évoquer le passé ? Quel rôle peut jouer l’un des convives, devenu vraiment policier ?
Le roman d’Emily Rudolf va se dérouler en deux parties, se répondant et se croisant dans le roman : d’une part la soirée avec ce dîner dans un lieu excentré et clos et l’angoisse qui en naît ; d’autre part un retour sur les événements qui se sont déroulé durant le festival, drame ancien horrible et explicatif du drame actuel. Les deux intrigues s’emboîtent bien et des rebondissements finaux font se dévoiler peu à peu la vérité, à la fois sur la disparition de Marta et sur les enjeux de cette réunion. C’est construit avec soin et ça s’appuie sur la psychologie des personnages. Le suspense et la tension augmentent de manière régulière comme une mécanique bien huilée. Il reste au lecteur à adhérer à cette mécanique qui manque un peu de « fantaisie », où chaque avancée semble logique et cohérente, sans aspérités, ni décalage qui pourrait la transformer en quelque chose de plus vivant, de plus enthousiasmant. Sans démériter, une bonne lecture mais sans le frisson supplémentaire qui transforme un texte en roman inoubliable.