CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 22,00 €
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Édité chez
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ISBN : 978-2-9581323-3-0
Nombre de pages : 168
Format : 22 X 15 CM
Année de parution : 2026
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7 / 10

Le Joli moi de mai

Voulant aider sa nouvelle petite amie à retrouver son père inconnu, le héros se lance dans une suite d’aventures échevelées afin de découvrir qui peut être ce père. Jusqu'à voyager dans le temps et à redécouvrir mai-68. Une quête en guise d'enquête pour un réjouissant récit noir de François Betz.

Théo est tombé amoureux de la belle Lila. Mais celle-ci a un « lourd » secret : sa mère est atteinte d’Alzheimer et elle n’a plus aucun moyen de savoir qui est son père, un homme qui est passé dans la vie de sa mère mais n’y est pas resté. La seule chose dont la mère parle, c’est de cette rencontre avec ce père pour la première fois sur les barricades de mai-68. Or, Théo a un père qui occupe une haute fonction dans l’appareil policier français. Peut-être pourrait-il l’aider à retrouver ce père ? Le destin de Théo va cependant prendre une autre direction lorsqu’un soir, il couche avec Lila et a un superbe orgasme. Quelque chose de tellement puissant que, lorsqu’il se réveille, il se retrouve le 1er mai 1968. Ni une ni deux, Théo se met à chercher les initiateurs de mai-68 et découvre que dans les faits, ils pensent à fumer des joints et draguer les filles. Heureusement, il va les pousser et provoquer ce même mai-68, ce qui lui permettra de rencontrer Marie, la mère de Lila, et de voir qui elle regarde sur les barricades. Mais ce n’est que le début d’allers-retours temporels jusqu’à la vérité finale.

Dans Le Voyageur imprudent, René Barjavel avait évoqué le paradoxe temporel avec l’histoire d’un homme qui remontait dans le passé et tuait par hasard son ancêtre, ce qui l’empêchait d’être né et donc de remonter dans le temps. François Betz reprend cette idée en lui offrant une nouvelle version qui joue sur le même type de paradoxe et fait qu’il va créer la « révolution » que son personnage allait juste voir et d’y impliquer sa propre famille. Servi par un esprit de sérieux, en même temps que par une dose d’humour, le récit est une variation sur le noir, offrant une vision réjouissante et drôle des événements de mai-68, de la réaction gaulliste, par un aller-retour présent/passé construit avec méthode et solide, si l’on accepte les prémices (et puis l’idée de l’orgasme comme voyage dans le temps, qui n’est pas une mauvaise idée ; à partir du même procédé, Arthur et Lucas Harari ont imaginé un transfert de personnalités dans Le Cas David Zimmermann et L’Inconnue, adaptation cinématographique de la bande dessinée). Bien sûr, il faut apprécier ce côté joueur, farceur, cette manière de prendre à la légère (tout en développant quelques aspects assez noirs, que je ne voudrais pas divulgâcher) pour lire ce livre, mais en nos temps moroses, un peu de joie et de bonheur, d’amour, c’est toujours bon à prendre.

Mis à jour le 27 octobre 2026
En revenant chez Julie, j’ai ruminé tout le long du chemin. Si Marie a été arrêtée, elle n’est pas prête d’en sortir, donc mon enquête est à moitié bouclée. Son mai 68 est fini, plus de barricades, plus de rencontres, ma liste est close. Aucun prétendant ne colle mais c’est forcément l’un d’entre eux.
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