En 1934, Adolf Hitler se rend à Venise afin de rencontre Benito Mussolini. C’est l’occasion qu’attendaient Siegfried Sauer, le policier allemand, et son ami Sandor, tireur d’élite, pour faire d’une pierre deux coups. Caché sur un toit, Sandor abattra les deux dictateurs lorsqu’ils se montreront à un balcon de la place Saint-Marc tandis que Sauer sonnera des cloches pour couvrir le bruit des détonations. C’est compter sans l’ironie du Duce qui a décidé de faire placer le Führer sur un autre balcon afin de montrer qu’il est le seul à être ovationné. Il est donc impossible de les abattre tous deux. Mais ce n’est que partie remise se dit Sauer. Quelques heures plus tard, il apprend que le Duce va profiter de son escapade à Venise pour aller rendre une visite particulière et secrète. Il suffit de le suivre et de le descendre. L’affaire sera tout aussi impossible mais le policier allemand se demande dans l’intervalle pourquoi Mussolini s’est rendu de nuit dans un asile de fous aux portes de la ville. Qu’est-ce que cela cache ? Et si c’était un secret qui pouvait mettre en péril le gouvernement fasciste ? Commence alors une enquête qui ne verra sa conclusion qu’en 1942.
Troisième roman mettant en scène Siegfried Sauer, un policier allemand qui a dû s’exiler pour continuer son combat démocratique, Le Pacte de Venise revient sur un épisode peu connu de l’histoire italienne (et ce n’est pas divulgâcher car le suspense de ce côté est quasiment dégagé dès les premières pages) : un fils reconnu de Mussolini, quelques mois avant qu’il n’épouse celle qui sera son épouse officielle et donc le temps que le duce va passer à surveiller, enfermer ce fils qui parle beaucoup trop pour empêcher le scandale de cette naissance dans un pays très catholique. Nous allons suivre Siegfried Sauer, puis un commissaire italien, puis leur rencontre, pour essayer de comprendre et de prouver les faits. L’intrigue avance dans les replis de l’histoire officielle jusqu’à une conclusion pessimiste, dans une suite d’aventures, de luttes contre un groupe chargé de masquer la vérité et de longues descriptions de la compagne chassée, enfermée, torturée dans une cellule d’un asile. Le roman se déroule sans vraiment de grands rebondissements, mais en s’appuyant sur cette lutte entre différents personnages pour découvrir la vérité et d’autres pour la masquer. L’arrière-plan historique est bien vu mais il manque quand même une construction policière rythmée qui renforcerait l’envie de lecture.