Le vendredi 5 juin 1998, cinq adolescents partent dans les bois de Highchair Rocks, dans le comté de Bucks, en Pennsylvanie. Seuls quatre en reviennt. Cinq réprouvés, Owen, Lore, Hamish, Nick et Matty, qui ont pour principal point commun de préférer être ailleurs que chez eux pour des raisons qui leur sont propres : boire de la bière, fumer des joints, mais plus que tout, ils ont fondé l’Alliance (« Un pour tous, tous pour un »). Tout a changé le jour où ils ont trouvé dans les bois un escalier ne menant nulle part. Du moins qui en avait l’air : parce que Matty a choisi de le monter jusqu’au bout et n’en est jamais revenu. Les ados ont même accusés de l’avoir tuée, bien que l’on n’ait jamais rien pu prouver. Des années plus tard, Nick invoque l’Alliance : il dit être aux portes de la mort suite à un cancer et vouloir revoir ses anciens amis. Sauf qu’ils ne sont plus les ados qu’ils étaient ce jour fatidique… Mais Nick a une autre raison de vouloir les retrouver : il est tombé sur un autre escalier dans les bois… Pourront-ils retrouver Matty, ou au moins, avoir une explication sur ce qui s’est passé en ce jour de 1998 ?
La référence à Stephen King peut se limiter à un groupe d’amis qui se retrouvent des années après des événements malheureux. Pour le reste, on est loin des innombrables ersatz qui copient servilement ses thèmes (que King a parfois auto-caricaturés). Chuck Wendig a un style qui lui est propre et s’ingénie à développer ses personnages. Difficile d’en dire plus sans trop déflorer, mais la suite, purement fantastique, plonge les protagonistes dans un univers de jeu vidéo (influence parfaitement assumée, y compris par le personnage de Lore, conceptrice de jeux vidéo). Et c’est là, malheureusement, que le roman rejoint les énormes « hou-fais-moi-peur » de l’ère du boom du genre dans leur principal défaut : le besoin de noircir du papier… On a environ deux cent pages assez redondantes qui ressassent le passé des personnages déjà exposé pendant qu’ils évoluent dans cet univers fantasmagorique, au point que le lecteur commence à avoir envie de lire des passages en diagonale sans avoir l’impression d’y perdre… Autre défaut du genre : une fois de plus, on invoque à la dernière minute un méchant surnaturel dont on se débarrasse par un artifice pour faire place au happy-end de rigueur. Un ouvrage plutôt réservé aux nostalgiques de la séminale collection « Terreur »…