Dans le nord de la France, au début des années 1920, un industriel social a créé un familistère, c’est-à-dire une sorte de lieu où même si l’on va se charger de la production, on va aussi essayer de concilier les bénéfices avec l’idée du progrès humain : les ouvriers ont des logements décents dans des immeubles proches de leur usine. Ils disposent de magasins, de soins, de crèches et même d’instituteurs, et organisent plus ou moins leur vie. Les représente une sorte de directeur qui tente de gérer au mieux à la fois l’entreprise et la vie en commun. Cependant, un événement va perturber la communauté car une institutrice qui travaille dans la communauté ouvrière est retrouvée morte. Pour Matthias Lavau, le policier chargé de l’enquête, il n’y a pas de doute : c’est un meurtre. Lorsque l’on découvre une deuxième victime, tout se confirme pour lui mais il a une grosse surprise : deux ans plus tôt, il avait aidé Esther Louve, une jeune femme qui était devenue à la fois son amoureuse et son adjointe dans les enquêtes, mais qui avait disparu on ne sait pour quelle raison. Voilà donc qu’elle réapparaît deux ans après pour l’aider dans cette nouvelle histoire qui plonge ses racines dans un passé que certains aimeraient oublier.
Audrey Brière nous emmène dans un roman dense et prenant, qui poursuit une série entamée par Les Malvenus, un ouvrage qui avait déjà intéressé k-libre. Dans ce nouveau volet, outre des retours en arrière qui explicitent la vie de certains personnages, nous allons suivre un roman aussi historique qui relate une aventure humaine peu décrite (celle des communautés ouvrières où des patrons sensibles à la détresse humaine ont expérimenté diverses tentatives sociales). La partie policière qui se compose de déductions bien amenées (les deux enquêteurs essaient de développer ce que nous appelons la police scientifique, avec les moyens de l’époque) et d’aventures plus rythmées (courses poursuites, incendies criminels, luttes avec les « méchants ») pour construire un roman sérieux, captivant, difficile à poser et qui confirme tout le bien ressenti lors de la lecture du premier volet. De quoi attendre la suite (éventuelle) avec impatience.