Professeure d’université à Liverpool d’origine française, la narratrice Anaïs Berg est aussi une spécialiste reconnue des Beatles. Mariée à Joe, l’homme parfait selon ses propres termes, elle a tout pour être heureuse au point de tomber dans le cliché à l’eau de rose (toujours de son propre aveu)… S’il n’y avait ces cauchemars qui lui rappellent un passé douloureux. Ayant sorti un document sur les quatre de Liverpool, Berg est invitée à donner une conférence à ce sujet durant l’événement annuel de la « Beatlesweek ». Mais à la conférence, elle fait un malaise en reconnaissant une silhouette qui lui rappelle son fameux passé. De toute évidence, quelqu’un sait… De son côté, Lucas Maunin découvre par hasard qu’il est né sous X, donc de parents inconnus. Puisque aujourd’hui, ces nés sous X ont le droit de savoir, il va se lancer à la recherche de ses parents disparus en commençant par la personne qui a signé son certificat de naissance…
Diane McEvoy nous propose un roman à l’anglaise où tout est fait pour entretenir la confusion : les ficelles habituelles du suspense (du coup, puisque l’époque est au « c’était mieux avant », le tout à un petit goût années 1970), les deux époques… jusqu’à la langue, sèche et au présent, mais pas complètement relâchée comme dans ces thrillers-Netflix ressemblant à du « jeunesse » condescendant envers les jeunes, et qui a au contraire une certaine élégance sous sa sécheresse. Autre différence, l’héroïne n’est pas une de ces nunuches décérébrées sorties tout droit d’un Had-I-but-known poussiéreux dont on se demande comment les lecteurs ou lectrices peuvent les accepter à l’ère me-too. Pas de profondeurs psychologiques, mais les personnages ne se limitent pas à deux post-it en salle de développement. Si on suit un chemin bien balisé avec quelques longueurs, le fil de l’intrigue mène à des révélations qui ne sont pas tirées d’un chapeau et si, quoique basées sur un classique (qu’on ne déflora pas), introduisent même un certain jeu de miroirs jusqu’à une conclusion non dépourvue d’ironie cruelle. Pas non plus de rebondissements tirés d’un chapeau ou de personnage agissant en dépit du bon sens ? On en finirait par croire que la copie a dépassé l’original.