À trente ans, Alice est fatiguée. Suite à son divorce, son mari qui a obtenu la garde de leur fille. Mais elle a décidé d’accepter, malgré le coût financier, d’aller passer quelques jours dans une structure isolée qui permet de se retrouver et de repartir d’un bon pied. Là, elle a rencontré Marcel, un beau bûcheron, qui va l’entraîner vers une communauté particulière. À La Fosse aux Anges, les hommes travaillent à l’extérieur et reviennent pour s’occuper de leurs femmes ou compagnes qui peuvent ainsi vivre à la maison, s’occuper de l’intérieur et se livrer à des animations sur Internet. Si tout semble idyllique, au bout de quelques temps, Alice se pose des questions : les fortifiants qu’elle prend au petit déjeuner ne sont-ils pas plutôt une drogue ? Et lorsqu’elle tente de sortir du village elle découvre que le lieu est fermé et que toute issue est bouchée, que les hommes qui semblent si attentionnés ont parfois des remarques étranges. Quand Alice essaie d’en parler aux autres femmes de la communauté, tout devient plus compliqué encore…
En 1972 avec Les Femmes de Stepford, Ira Levin avait écrit un roman sur un thème quasi similaire mais il l’avait plus axé sur un fantastique diffus, voire un côté dystopique. Ici, Ingrid Desjours joue plus sur le thriller traditionnel avec une personne introduite dans une communauté et qui, peu à peu, découvre que la situation idéale et idyllique coince. Construit avec soin, le roman évoque d’abord la vie « normale » dans le monde avec ses déceptions, puis le choix de la communauté avant de montrer peu à peu combien c’est un piège, le tout avec la décision de s’en sortir, de s’en échapper. C’est donc de façon éminemment classique, au sein d’uns construction lente qui permet de faire monter le suspense et l’angoisse, que l’autrice déroule, de manière implacable, son roman jusqu’à sa conclusion logique.