États-Unis, 2017. Des bruits courent sur le fait que le nouveau Président élu aurait été manipulé par la Russie, que les Russes auraient des preuves de ses activités sexuelles (ce qu’ils appellent un kompromat) et qu’il aurait pu être utilisé afin de blanchir de l’argent. Il existerait en tout cas un dossier en ce sens qu’aurait monté les services secrets britanniques. Un commanditaire anonyme engage alors Max Gelle,r un ancien agent de la CIA spécialiste de la Russie, pour enquêter sur la réalité de ce dossier et essayer de voir quelles sont les sources afin de vérifier leurs authenticités. Cet agent a été par le passé licencié car il avait émis des propos peu amènes sur le dit président dans un mail à sa compagne. C’est ainsi que Max Geller se trouve impliqué dans l’histoire. Il construit une équipe afin d‘investiguer en Angleterre, puis en Russie. Son commanditaire lui a collé dans les pattes une femme officier spéciale, Jill Rucker. Max Geller se pose des questions à son sujet : est-elle là pour être sa garde du corps ou une espionne chargée de surveiller ce qu’il fait ? Et quel est le but du commanditaire : trouver la vérité sur les sources ou connaître les sources afin de les liquider pour aider le Président ? Quand les soupçons de détournement de fonds, de blanchiment dans la construction de tours immobilières construites par l’entreprise du Président se font jour, les cadavres commencent à s’accumuler.
Les lecteurs auront bien compris combien ce roman fait référence à une actualité (peut-être vraie) autour de la première élection de Donald Trump (même si les noms sont changés, c’est assez transparent). Le récit de James A. Scott joue sur la paranoïa car le personnage central ne sait pas si les gens autour de lui travaillent avec lui ou l’utilisent, si son enquête a pour but de vérifier les allégations ou de trouver qui est au courant et doit être abattu. Chaque camp possède d’ailleurs ses propres traîtres et le lecteur a certains moments est même obligé de s’arrêter pour vérifier tant les agents sont doubles, triples, voire pire. Et cela s’accentue jusqu’aux dernières pages pour présenter une situation de complot qui semble bien être aussi le reflet de la réalité. Un roman très inquiétant par sa justesse et son analyse sur le monde tel qu’il est.