Sorti de l’école de droit, Santi Elcano est est engagé pour travailler dans le service des commis d’office de Reno. Il doit travailler en duo avec C. J., une femme de quarante ans qui va l’aider à prendre ses marques dans le service. Il découvre le travail, un travail où il est plus facile de négocier avec le procureur pour obtenir une peine réduite contre le plaider-coupable et ainsi s’éviter de longues journées au tribunal pour des petits délits souvent anecdotiques. Il agit ainsi aussi pour pouvoir conserver une vie de famille avec son épouse et sa petite fille. Au bout de quelques mois, suite aussi au départ d’un collègue spécialiste, Elcano se voit confier une mission plus importante : seconder C. J. dans une affaire qui a ces derniers mois fait ces derniers mois : une jeune femme a été découverte assassinée dans le désert non loin de Reno. Les premiers indices permettent d’inculper un certain Michael Atwood, même si ce dernier nie toute implication. Mais la police a des traces d’ADN qu’il aurait laissé sur le cadavre. Elcano va s’engager avec force dans ce procès, tout en essayant de continuer de suivre ses autres dossiers, le tout sans perturber sa vie de famille (cela sera quasiment impossible). Il doit également composer avec une C. J. de plus en plus complexe – il apprendra qu’elle est alcoolique, addiction qui déteint sur son attitude).
Gabriel Urza a longtemps exercé comme avocat d’office avant de devenir écrivain et professeur. Il y a sans doute beaucoup de son expérience, dans les multiples cas évoqués tout comme dans l’affaire centrale qui occupe la moitié du roman. Dans le désert du Nevada débute huit ans après les faits lorsque Santi Elcano reçoit une lettre de Michael Atwood qui lui permet de se souvenir de toute cette affaire. Jouant sur le travail quotidien, harassant de l’avocat, sur les doutes, sur les obligations de « jouer avec » le système pour obtenir des peines moins sévères, il est aussi une évocation de la victime et de la façon dont elle peut hanter la vie des avocats. Récit classique, construit avec soin, le roman se déroule de manière également classique en racontant un procès important et le quotidien judiciaire et extra-judiciaire de son principal protagoniste. Intéressant, mené proprement, le livre est une bonne évocation, assez classique (trop ?) du métier et un final inattendu permet de rabattre quelque peu les cartes. Un bon roman mais qui cependant ne ressort pas forcément dans le genre.