Alors que se rapprochent des élections présidentielles qui ne plaisent pas à tout le monde, un groupe essaie de créer une musique afin d’appeler à la révolte. Mais lors d’un concert, au milieu des morceaux techno, on peut déceler des cris d’enfants. Ces cris provoquent le chaos car ils sont l’émanation d’enfants qui ont été torturés à mort afin de créer un son ultime. La commissaire de police Priya Dharmesh, d’origine réunionnaise, voit sa fille être elle-même victime de ce cri, et elle apprend par un homme que le cri qui a « perturbé » la France est celui de son frère, originaire, comme lui, d’un tribu indigène canadienne. Ce frère a disparu alors qu’il se trouvait, des années plus tôt, dans un orphelinat dirigé par des pères catholiques. C’est un fait que pour canaliser et « assimiler » les tribus autochtones, le gouvernement canadien a dans le passé déplacé et enfermé dans des pensions tenues par des religieux des enfants issus des communautés indigènes. En parallèle, un jeune enfant a été enlevé en France. Priya comprend que c’est sans doute parce qu’il est capable de pousser un cri particulier qu’il a été enlevé. Elle cherche à remonter la piste d’un tueur en série d’un type vraiment particulier.
Marie Capron est une voix particulière dans le récit policier. Si sa commissaire reste dans la forme classique du genre, elle est confrontée à des intrigues et des crimes souvent décalés, mélangeant un décor d’un futur proche peu optimiste et des criminels qui ont des mobiles assez particuliers et violents. C’est encore le cas avec ce volet qui évoque d’un côté le sort de communautés maltraitées par les autorités « coloniales » ou post-coloniales, des sectes particulières, et un criminel particulièrement tordu cherchant à se procurer une collection de cris d’enfants lors de leurs derniers instants de vie. Le récit est bien mené, les éléments des différents sous-intrigues se répondent avec soin pour créer une tension et aboutir à du suspense. Cela permet de créer une histoire un peu décalée des poncifs du genre avec un ton particulier et un soin du détail (parfois dur à supporter lorsque sont décrites des tortures) qui font la singularité et l’intérêt de cet auteure, intéressante à suivre.