Lily a eu une enfance malheureuse. À dix ans, ses parents sont morts dans un accident de voiture. Depuis, elle est un peu psychorigide ce qui fait d’elle une excellente responsable pour lire, relire et corriger les notices (celle des médicaments ou de montage de meubles Ikea). Sa seule activité est d’aller à la maison de retraite où elle va voir une vieille dame, qu’elle considère un peu comme sa deuxième mère. Mais elle se méfie (à juste titre) d’un des infirmiers. Un jour, cependant, des amis l’invitent à une soirée au cours de laquelle elle assiste à la conférence d’un spécialiste en développement personnel. Le lendemain, elle se rend dans un magasin où elle se dispute avec une jeune femme qui lui a « volé » ce qu’elle voulait acheter. Comme elle l’a maudite et que, quelques minutes plus tard, cette dernière est victime d’un accident, elle se dit qu’elle dispose d’un pouvoir et qu’elle doit aider l’humanité en « punissant » ou en tuant. Sa première victime volontaire est donc son chef. Puis elle rencontre un homme qui est triste car il n’a pas le droit de voir sa fille. Or, elle veut l’aider…
Elle a le regard qui tue se situe entre le roman noir classique, avec une personne du quotidien qui décide de rendre elle-même, en toute amoralité, la justice, et le feel good book, avec la joyeuseté des caractères, des situations, deux genres dans lesquels Virginie Lloyd a déjà travaillé. Le rythme est léger, les descriptions tirées de situations du quotidien peuvent toucher n’importe quel lecteur et l’ensemble est conduit avec soin (toutes les pistes du début se rejoignent in fine de manière plus ou moins inattendue). Si l’on apprécie ce type de roman à la frontières des genres, on sera séduit par cette version pleine de peps.