CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 9,40 F
INFORMATIONS LIVRE
Collection :
Langue :
Numéro collection : 318
Nombre de pages : 256
Format : 18 X 11 CM
Année de parution : 1941
Crédits
Auteur(s) :

Illustration de couverture : Simone Jean Bernard

Contexte
Époque :
Villes :
CHRONIQUES > LIVRES >
6 / 10

Terreur malaise

Auteur :

Le journaliste Anthony Asthon se retrouve malgré lui entraîné à la poursuite d'un Génie du Mal qui sévit à Singapour dans ce roman en date de 1941. Paul Darcy, grand romancier d'aventures, propose une intrigue classique avec plein d'éléments exotiques propres à son époque. Il mêle également quelques interrogations secondaires bienvenues.

Anthony Asthon, 26 ans, journaliste au Daily News en poste à Singapour, est un homme chanceux. De retour d’une réception chez le gouverneur Lord Henry Bentam, un poignard qui finit sa trajectoire dans l’encadrement de sa porte, manque de le tuer. Heureusement pour lui, un porte-bonheur en argent d’origine hindoue, une tête de taureau, semble le protéger. Peu après, alors que l’assassin s’est fait la malle, Asthon reçoit une communication téléphonique de Barnett, un planteur de Néoti. Apeuré, l’homme lui demande de venir à sa rescousse. Sur le chemin de Néoti, il croise dans l’ordre Fred Sommers, un ami acteur américain fraichement débarqué, Muriel et Lionel Mélanby, une sœur et son frère, et Mary Parker, promise à Lionel. Arrivés sur place, les cinq gens découvrent le cadavre de Barnett, qui parait s’être suicidé sous une peur terrible. Et puis, ils manquent d’êtres assaillis par des Malais, sauvés in extremis par la patrouille de l’inspecteur Copping. Asthon en est convaincu : la mort de Barnett est liée à la Terreur malaise, une confrérie qui entend ébranler le pays. Alors qu’il débute ses investigations, il croise également la route du Prince Kaïnang, puissant homme d’affaire et banquier, et de l’honorable Mung-doc, qui règne sur les milieux interlopes de la ville. Surtout, des doutes s’amoncellent sur la personne de Lionel Mélanby : l’ingénieur, qui souffre d’une addiction aux jeux d’argent, semble toujours être présent au mauvais endroit au mauvais moment. Quand Fred Sommers puis Mary Parker sont enlevés, qu’une tentative d’empoisonnement dans une garnison de la ville est mise à jour, que la voiture d’Asthon est piégée à la dynamite, l’étau se resserre. Mais autour de qui ?

Jaquette du Masque n° 318 illustrée par Simone Jean Bernard

Dans une ambiance très proche de celle de la guerre des Boxers (Les Cinquante-cinq jours de Pékin), Paul Darcy déroule une intrigue linéaire et trépidante mêlée d’exotisme (avec un brin de discours propagandiste sur les ingérences des puissances étrangères). Le tout sur fond de course-poursuite entre un journaliste forcément intrépide et un Génie du Mal asiatique qui s’est confronté à la civilisation occidentale et qui subit les conséquences du rejet de sa personne (on peut y voir une similitude thématique avec Route des Indes, d’E. M. Forster, paru en 1924). Auteur prolifique qui a multiplié les pseudonymes et a écrit dans tous les genres des littératures populaires, Paul Darcy (de son vrai nom Paul Salmon) a du talent et propose une intrigue certes cousue de fil blanc mais avec métier. Il débute avec une tentative d’assassinat qui plante le décor. Il fait intervenir les futurs acteurs du drame avec diligence. Il présente des suspects potentiels. Il ne manque pas d’appuyer sur les travers de ses personnages et prend un malin plaisir à plonger son enquêteur dans des pièges terribles et terrifiants. Enfin, il nous livre un final énorme digne d’un James Bond des années 1960 avec un enlèvement, suivi d’une tentative de meurtre de masse de ses personnages dans un complexe ilien. Le talent de l’auteur fait que tout ceci fonctionne. Pire : il n’oublie pas de relier tous les fils de ses sous-intrigues, ce qui offre un véritable happy end (pour le bien et la justice coloniale à l’exception d’un intérêt inaugural pour la cause indigène pour pondérer).

Mis à jour le 27 juillet 2026
Pour moi, les meurtriers sont à la solde d’une nation étrangère. Laquelle ? Je ne saurais la désigner avec certitude… et c’est justement pour égarer les soupçons que, parmi les victimes d’une certaine importance, on découvre des individus ne jouant aucun rôle dans la colonie.
CONTINUEZ VOTRE LECTURE..