Le commandant Delestran dirige son équipe de la criminelle avec bienveillance, même s’il a parfois des soucis. Surtout, il a une relation ambiguë avec la psychologue du service, malgré le fait qu’il soit marié et amoureux de sa femme. C’est alors qu’on lui confie une enquête complexe qui pourrait réserver bien des surprises. Dans un entrepôt de banlieue à Saint-Ouen, on a découvert trois cadavres. Deux sont des agents venus d’Israël et qui accompagnaient un personnage esquimau, chef d’un clan indigène et qui devait participer à une conférence sur les droits des peuples. Ce qui est surtout surprenant, c’est qu’il a été éviscéré, comme s’il y avait eu besoin de récupérer quelque chose de caché dans son estomac. Les coupables sont plus ou moins identifiés : ils sont venus pour effectuer leur opération dans une voiture avec des plaques d’ambassade, sans doute russes. Comme l’esquimau venait de la lointaine Sibérie, il y a un rapport. Et quand on apprend qu’en Sibérie, un président de l’Alliance Française vient d’être enlevé, qu’il est peut-être lié à l’affaire, les policiers français sont autorisés à aller enquêter.
Jean-François Pasques a été le lauréat du Prix du quai des Orfèvres en 2023 et ce livre aurait pu, lui aussi, concourir. En effet, il s’appuie sur une solide expérience ou une documentation serrée pour raconter son histoire : les premiers chapitres pourraient presque être la description classique de l’étude d’une scène de crime, et c’est rendu avec vigueur et méthode, de façon très lisible. Ensuite, le roman se déploie autour d’enjeux importants : vision d’une police un peu malmenée par le jeu de la corruption côté russe, intrigue intéressante et qui permet de découvrir quelques éléments de la vie sibérienne, là aussi, d’une manière qui apparaît très réaliste. Enfin les personnages possèdent des à-côtés qui permettent d’éviter qu’ils ne soient que des silhouettes mais au contraire, des gens de chair et d’os. Un roman de bonne facture.