CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 10,00 €
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Édité chez
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ISBN : 978-2-7493-1058-9
Nombre de pages : 144
Format : 20 X 15 CM
Année de parution : 2000
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7 / 10

Henri Désiré Landru

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Les éditions Vents d'Ouest republient dans un format poche l'excellent Henri Désiré Landru de Christophe Chabouté. Une version alternative à la vie de l'un des premiers tueurs en série français qui a acquis une terrible notoriété. Un quart de siècle après sa première sortie, la bande dessinée conserve tout son charme par le trait stylisé de l'auteur et son art du scénario.

12 novembre 1921. Les jurés rendent leur verdict. Ils viennent d’assister au procès de Henri Désiré Landru, accusé d’avoir assassiné 10 femmes dont il aurait brûlé les corps dans la gazinière de sa villa de Gambais, petite commune des Yvelines. Landru garde un visage impassible, froid, qui le caractérise et ajoute au dégoût que ressentent les présents dans la cour d’assise. Mais comment cet homme en est-il arrivé-là ? Tout débute étrangement en 1915 dans les tranchées avec une lettre d’amour écrite par le poilu Paul à sa femme Hélène. Une lettre où il décrit l’horreur de la guerre avant d’être défiguré lors d’un bombardement. Cette gueule cassée déserte, retrouve sa compagne. Tous deux ont besoin d’argent pour fuir la France. Et leur trajectoire va percuter de plein fouet celle de Landru à travers des petites annonces. Le couple et Landru cherchent des proies pour les détrousser. Mais Landru n’est pas le riche bourgeois qu’il prétend être et va se retrouver pris en otage dans sa villa de Gambais et menacé de chantage. Obligé de rameuter ses proies, de les plonger dans un drame monté de toutes pièces qui doit les inciter à fuir et qui nécessite de l’argent. La suite se situe dans la cave de la villa et est entre les mains de Paul. Mais toutes les séries criminelles ont une fin et la perspicacité de deux policiers conduit à l’arrestation de Landru, et à son procès. Quant à Paul et Hélène, ils semblent avoir disparu de la circulation. Dans ces conditions, pourquoi Landru s’obstine-t-il à garder le silence à leur sujet ?

Réalisée en 2006, cette bande dessinée ressort aujourd’hui en format poche et est toujours aussi captivante. D’abord par l’histoire singulière qu’elle raconte. Christophe Chabouté mêle habilement la Grande Histoire et un élément irréel, mais plausible (qui ajoute surtout une touche sociale et sociologique) : à savoir l’irruption dans la mécanique huilée de Landru d’une proie qui est dans les faits une prédatrice. Tout part d’un constat : si un homme, Landru, traque des proies féminines à partir des petites annonces, la réciproque peut être vraie et le hasard jouer un mauvais tour. À partir de ce point de départ, Christophe Chabouté déploie son intrigue et s’attarde sur la psychologie meurtrière de Paul, rescapé malgré lui de la Grande Guerre. Car Paul n’est pas le meurtrier froid qu’il va devenir. C’est un romantique détruit par l’horreur de la guerre. Sa lettre inaugurale est en la preuve. C’est sans doute pourquoi la fin de la bande dessinée de Chabouté, qui donne une raison (d’État) au silence de Landru est forte et astucieuse. On n’en attend pas moins d’un artiste du 9e art comme Chabouté, qui a ajouté à sa longue liste de chefs d’œuvre des histoires terribles et sensibles comme Terre Neuvas, Moby Dick ou encore Yellow Cab. Ici, l’auteur nous présente son style qui le caractérise : un noir et blanc puissant, mélange de crayonné et d’encre, qui réveille à la fois les contrastes et la personnalité méphitique de son personnage de Landru (taillé un peu comme Raspoutine dont il a quelques traits psychologiques mais où l’ordinaire surnage) dont Paul peut être une face à la façon d’un Dr. Jeckyll et de Mr. Hyde. Une histoire qui peut se lire selon plusieurs strate (au premier degré comme au second), et qui est ici proposée dans un format poche ingénieux, travaillé et agréable à lire. À (re)découvrir !

Mis à jour le 18 juin 2026
Qu’elle se calme, nom de Dieu !! Il faut garder son sang-froid… C’est un accident, un malheureux accident ! Mais j’ai beau retourner la situation dans tous les sens, le problème c’est que la police va fatalement l’accuser de crime passionnel. Vous devez disparaître Jeanne !…
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