CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 9,70 €
INFORMATIONS LIVRE
Édité chez
Langue :
Numéro collection : 38470
ISBN : 978-2-253-25494-2
Nombre de pages : 462
Format : 18 X 11 CM
Année de parution : 2025
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8 / 10

Requiem pour la Dame Blanche

Éric Fouassier utilise les codes d'écriture des années 1930 pour relater une histoire d'espionnage et de trahison qui remonte à la Première Guerre mondiale. Une intrigue captivante avec meurtres en huis-clos, avec une tonalité désuète charmante.

Août 1916. Sur le front de la Somme, un groupe d’officiers s’aperçoit qu’il y a un espion dans une maison isolée qui leur sert de refuge et de lieu d’amusement. Ils arrêtent, « condamnent » et exécutent discrètement la propriétaire des lieux. Plus tard, un aviateur voit que des signaux à destination de l’ennemi continuent d’être envoyés. Quelques jours plus tard, Albert Saulx, cet aviateur qui faisait partie des juges, voit son avion attaqué par des Allemands. Lorsque l’avion atterrit, difficilement, on se rend compte, qu’il a été égorgé durant le vol mais comment ? Seule chose qui reste : un texte codé dans lequel il dénonce le véritable espion. Mais ce message est indéchiffrable car personne ne comprend comment il a été composé. Nous sommes à présent en 1930. Dans une cheminée, on découvre les restes d’un pigeon voyageur. Il portait était le moyen de décrypter le code du message d’Albert Saulx.  L’un des chefs des services secrets (qui a été partie prenante dans l’exécution de la chanteuse) décide de réunir le groupe initial d’officiers, car il se doute que parmi eux se trouve le véritable espion. Mais dans la maison où ils se retrouvent, l’espion pourrait trouver l’occasion rêver de tuer ceux qui voudraient le démasquer.

En racontant une histoire des années 1930, Éric Fouassier décide d’appliquer les méthodes littéraires de l’epoque. Il y a donc un côté feuilletonesque (avec des personnages qui ne sont pas ce qu’ils prétendent être, d’autres qui sont les membres cachés de la famille d’un mort ou d’un autre protagoniste, des assassins discrets qui peuvent user du fusil, du poignard ou du poison) et un apport des thèmes classiques, notamment un travail autour de la chambre close, avec ici deux variantes (une vrais chambre fermée de l’intérieur et un meurtre dans un cockpit, en vol, où le mort était seul). L’intrigue est menée tambour battant avec des retours en arrière et une maison « débordante » de cadavres – certains anciens -, entourée de neige, immaculée (donc par où sont passés les assassins ?) avec les figures imposées du genre : une femme fatale, des domestiques taiseux, des soldats coincés entre l’amour, le respect de la hiérarchie et la justice, un détective un peu minable, des intrigues à tiroir. On sent la joie de l’auteur à brasser tout cela et cet enthousiasme se ressent dans l’écriture et par répercussion dans le plaisir de lecture. Une bonne variation autour d’un thème connu et une bonne utilisation de l’époque historique qui est au cœur du roman. Ne boudons pas notre plaisir.

Mis à jour le 8 juin 2026
En gagnant le salon après avoir constaté la disparition de son pistolet, le colonel Saint-Léger décida de garder le silence sur ce nouvel incident. Il estimait inutile d’ajouter à la confusion ambiante, ou de laisser penser à son mystérieux adversaire, quel qu’il soit, que l’inquiétude commençait à le gagner.
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