Québec, 1913. Léon est un trappeur qui mène une rude vie et avec son équipe au nord du lac Saint-Jean, et n’hésite pas à faire le coup de feu contre d’autres équipes de trappeurs ou contre les indigènes qui les ennuient. Après une longue période de trappe, il revient au pays avec ses deux amis. Au pays ? Il faut le dire vite car il habite dans une zone assez hostile, pauvre, où le village est sous la coupe d’un curé, personnage veule et misérable, et d’un maire, qui possède les pouvoirs et l’argent. Un maire qui, parfois, en abuse, et notamment sur des jeunes filles du village. Lorsque Léon rentre, il découvre que sa femme est morte et que sa fille, après avoir été abusée, a été retrouvée morte au bord de la rivière. Alors, il pète un plomb et, lui et ses deux camarades décident de liquider tous les villageois, complices du maire selon eux. Reth, un autre trappeur, qui a par le passé travaillé avec Léon, mais a été chassé du groupe car considéré comme violent et fou, vient proposer au maire et aux villageois de les protéger contre une somme importante. Mais peut-être a-t-il aussi envie de mettre le village en coupe réglée pour son compte. Il va falloir choisir entre la peste et le choléra, tandis que la neige tombe et que les loups tournent autour des maisons, se disant qu’il va bien y avoir de quoi manger.
Le récit de Sébastien Gagnon et Michel Lemieux se concentre sur ce retour et cette lutte, développant une suite de combats, de pièges, de scènes sexuelles ou sanglantes, pour montrer la violence des uns et des autres, dans un univers rude où la vie est si difficile qu’il y a peu de place pour l’apitoiement. Version littéraire de films que pourrait signer Quentin Tarantino, le récit est profondément noir, révélant des aspects peu sympathiques de la personnalité humaine, ici faite de violences, de domination, de veulerie, de lutte pour la survie. Le tout dans une langue joliment fleurie.