Ancien militaire. Markus Heger vit à présent dans son van, traverse et parcourt le pays, enquêtant sur des crimes anciens qu’il évoque dans son podcast, un podcast assez suivi. Récemment, il a commencé une série sur la disparition étrange quinze ans auparavant de Leah, une disparition qui l’obsède. Il a notamment eu un témoignage intéressant, mais au dernier moment, le témoin a refusé la diffusion, et il a dû changer son fusil d’épaule, passant à autre chose. En même temps, Markus Heger a un père violent qui purge une longue peine de prison. Cela peut être utile car le père a accès à d’autres détenus qui pourraient aider son fils, ce qui est son vœu le plus cher. Leah était une petite fille qui s’est évaporée sur le chemin de l’école. Rien n’a pu être trouvé et son père a été accusé, s’est très mal défendu, a été arrêté et condamné, même s’il clamait son innocence. Des années plus tard, suite à un coupe de téléphone dans sa prison, il s’est suicidé semblant donner un point final à l’affaire. Mathilde Wold, journaliste pour un quotidien local basé justement dans l’endroit où a eu lieu la disparition, se dit que l’affaire pourrait à nouveau faire un bon article et contacte Markus Heger. Elle parvient à obtenir le nom du témoin récalcitrant et obtient l’information que ce dernier aurait offert un alibi non valable à un suspect potentiel. Or, quelques jours plus tard, elle meurt en pleine forêt. Markus Heger va relancer son enquête, demander de l’aide à son père pour obtenir des informations sur ce coup de téléphone, et chercher à comprendre ce qui s’est passé il y a quelques années.
Enquête classique, avec une sous-intrigue qui laisse penser que les deux auteurs ont déjà envisagé une suite, le récit se déroule au début de manière classique en alternant les investigations de Markus Heger, à travers son podcast et celles menées par la journaliste, avant de se concentrer sur les différentes pistes, en alternance avec la vie en prison du père et sa participation à l’enquête. Tout le métier de Jørn Lier Horst, un auteur qui sait raconter, est là dans un roman qui roule, intelligemment mais sans grande aspérité, comme une histoire qui se dévide, de manière un peu routinière. Avec Jan-Erik Fjell, il nous présente un personnage central classique, lui aussi, coincé entre son père dangereux et les souvenirs guerriers qui le hantent. Voilà donc un roman efficace et sérieux, mais qui n’atteint pas encore la qualité et densité de la série principale de Jørn Lier Horst axée sur William Wisting.