Lalie est une jeu enfant de Belgique qui vit tranquillement en cette année 1994. Ses parents ne s’occupent pas trop d’elle et elle s’est un peu fâchée avec ses copines de classe. Mais ce n’est pas trop grave car elle a découvert un jardin secret, un jardin où vit Mark, un vieil homme qui l’accueille, qui lui montre la culture dans tous les sens du terme (que ce soit les fleurs et légumes de son jardin, comme le plaisir d’écouter de la musique classique). Mais 1994 est également l’année qui révèle ce qui deviendra l’affaire Dutroux. Pour l’instant, il ne s’agit que de disparition de petites filles, emmenées dans une camionnette blanche… Or, Mark a une camionnette et vit seul (sans doute cache-t-il de sombres pensées pour certains voisins et le propre frère de Lalie). Comment va évoluer Lalie alors qu’elle commet, en plus, des erreurs à l’école et qu’elle ne veut entendre les avertissements de Sophie, sa meilleure amie ?
Anne-Sophie Kalbfleisch nous propose un court roman dans « La Brune », une collection du Rouergue un peu à la frontière entre la Blanche et la Noire pour un public aussi bien adolescent qu’adulte avec des thématiques fortes. C’est ainsi qu’ici le texte joue sur l’atmosphère, sur les non-dits, sur les scènes de calme où pourraient peser une menace, sur une façon régulière de déplacer le cursus d’un personnage à un autre. La façon dont le secret du « jardinier » se dévoilera petit à petit est fait avec finesse et qualité. De même, Lalie est décrite avec soin, par petites touches, pour un portrait lumineux qui retient l’attention. Pour ceux qui aiment lire les romans noirs avec un côté à part, particulier.