Les sauveteurs Jóhanna et þorir sont envoyés en mission dans un chalet perdu : après une soirée arrosée à Reykjavik, deux couples d’amis sont partis en randonnée dans la réserve de Lónsöræfi… et n’ont plus donné de nouvelles depuis. Pourtant, ils ont l’habitude des randonnées et ne sont pas du genre casse-cou… Cependant, une fois arrivés au refuge, les sauveteurs ne peuvent que constater qu’il est vide. Ils retrouveront les disparus un par un, éparpillés autour du refuge, tous en petite tenue. Qu’est-ce qui a bien pu les chasser du refuge vers une mort certaine par le froid ? Un peu plus loin, Hjörvarr, le gardien d’une station radar de Stokksnes, déjà ancienne, est témoin d’étranges phénomènes : sur l’interphone le connectant à la porte, il entend une voix de petite fille demandant sa mère. Sur un interphone, il faut le préciser, qui n’est plus raccordé depuis longtemps. Le tout sous les yeux d’un chat apparu un jour dans le refuge… Enfin, Kolbeinn est appelé dans l’ancienne maison de sa mère : les nouveaux propriétaires y ont découvert des photos et une chaussure de petite fille portant le nom de Salvor. Le même nom que sa mère demandait dans sa maison médicalisée. Or, pour autant qu’il le sache, il n’a pas de sœur. Ou alors…
Ce roman d’une auteure que l’on a connu plus inspirée part sur plusieurs postulats intéressants (dont l’un peut-être inspiré du bien meilleur La Montagne de la mort de Douglas Preston et Lincoln Child), mais encore faut-il bien les traiter. Un point de départ classique avec trois affaires apparemment distinctes posant des mystères plutôt alléchants, mais le lecteur que la quatrième de couverture aura attiré risque de déchanter. D’abord, il y a le souci de noircir de la page qui fait qu’il ne se passe rien pendant une bonne cinquantaine de pages et que le rythme général semble lui-même pris dans les glaces. Ensuite, les affaires sont censées se mêler, mais on pourrait plutôt dire qu’elles s’entrechoquent de façon peu convaincante tant le roman ne sait trop s’il veut être une histoire de fantômes classique ou un récit de génie criminel. Enfin, l’écriture est d’une mollesse redoutable en mettant tout sur le même plan, même les éléments cruciaux, comme du ronron lénifiant de série télévisées. Même la conclusion ouverte (sur une suite ?) est décevante tant elle met mal en valeur ses rebondissements. Beaucoup de promesses bien mal tenues donc. On espère qu’il s’agit juste d’un coup de mou passager…