CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 12,00 €
INFORMATIONS LIVRE
Édité chez
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ISBN : 979-10-279-0495-2
Nombre de pages : 414
Format : 18 X 11 CM
Année de parution : 2003
Titre original : To ebenino laouto
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9 / 10

Le Luth d’ébène

Premier volet de sa trilogie consacrée à un ambassadeur de l'Empire byzantin, Le Luth d'ébène du Grec Panagiotis Agapitos pose les jalons géopolitiques de l'époque, les rivalités naissantes avec le califat de Bagdad et insère joliment une intrigue policière sur fond d'assassinat et de corruption. Captivant !

En 832, l’Empire byzantin est un empire puissant, mais à ses marges, le califat de Bagdad commence à se faire menaçant. L’empereur envoie alors Léon, son fidèle ambassadeur, afin de discuter et de proposer une alliance ou du moins un pacte de non-agression. Il sait que le calife a un pouvoir important mais que certains, parfois aussi puissant que lui, veulent lui ravir le sien. Une alliance pourrait donc lui être nécessaire. Quand Léon arrive à Césarée, dernière ville importante du monde byzantin, il doit commencer à faire attention car il sait que cette ville héberge une importante communauté musulmane, parfois attachée à l’Empire, mais parfois espionnant pour le compte des voisins (et pas forcément du calife). D’ailleurs, en secret, le calife a envoyé un prince, l’un de ses meilleurs espions, pour prendre contact avec Léon et l’emmener chez lui dans de bonnes conditions, et aussi pour déjouer les éventuelles tentatives de déstabilisation des rivaux musulmans à son propre pouvoir. Le prince est arrivé avec une jeune femme déguisée en homme et les deux espions jouent le rôle d’un conteur et de son assistant afin de surveiller la communauté musulmane de la ville. Léon pourrait être tranquille s’il n’avait qu’à s’occuper de ce panier de crabes, mais divers événements vont compliquer sa mission : tout d’abord, son jeune adjoint tombe amoureux de la belle espionne, ce qui pourrait énerver le prince, son mentor et amant. Ensuite, dès son arrivée, la fille adolescente d’un notable de la ville a été retrouvée morte, martyrisée sous les coups d’un effroyable sadique. Léon découvre très vite qu’il y a eu des victimes précédentes mais, comme il s’agissait de prostituées, l’affaire n’avait pas provoqué les mêmes remous. Il faut donc chercher le coupable car, s’il s’en prend à des jeunes femmes de la bonne société, tout pourrait s’écrouler. Et ce d’autant plus qu’il paie bien ses complices et que son arrestation pourrait révéler une corruption au plus haut sommet du gouvernement local, ce qui serait inquiétant.

Premier volet d’une trilogie, le récit du Luth d’ébène s’appuie sur une construction forte et prenante. Surtout, et Panagiotis Agapitos l’évoque dans sa postface, son but était de créer un roman qui allierait, comme ce fut le cas pour les aventures du juge Ti de Robert Van Gulik, une intrigue policière de qualité, se basant sur les problèmes moraux de l’époque, sur les possibilités techniques de résoudre l’affaire, en ne négligeant pas de bien faire comprendre les enjeux de la partie historique (ici, les alliances ou guerres entre empires, les rivalités entre alliés potentiels, les phénomènes de corruption liés au pouvoir, l’argent, ou la religion, bref les enjeux sociaux). Dans ce roman, les deux aspects souhaités se réalisent avec force et qualité de manière très prenante. Malgré le décalage historique, de mentalité, malgré la difficulté à entrer dans un univers codifié complexe et dont nous ne possédons plus les clés, Panagiotis Agapitos nous offre un récit haut en couleur, s’appuyant sur des éléments feuilletonesques intéressants et des références logiques (entre autres Les Contes des mille et une nuits), évoquant les problématiques de cette période en les rendant extrêmement vivantes. Une réussite qui part du principe étrange qu’il faut prendre le lecteur pour une personne intelligente désireuse de s’instruire et de se distraire. Opération réussie !

Mis à jour le 7 septembre 2026
Pendant que les serviteurs s’affairaient autour du convoi, les cavaliers d’escorte de l’ambassade, poussant des appels comme le font les chasseurs, avaient attaqué les chiens errants au pied de l’échafaud et transperçaient leurs corps squelettiques de leurs courtes lances.
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