Violette est une vieille dame qui reste chez elle et ne reçoit que la visite quotidienne de Bertille, son aide à domicile. Mais un matin Bertille retrouve la vieille dame morte et appelle la police. Les gendarmes chargés de l’enquête sont perplexes : pourquoi a-t-elle un ordinateur hyper moderne et a-t-elle acheté de la lingerie fine qu’elle s’est fait livrer dans des relais postaux éloignés? Pourquoi a-t-elle conclu quelques semaines plus tôt une assurance-vie dont la bénéficiaire n’est autre que Bertille ? Surtout, comment elle, qui connaissait bien les champignons, aurait-elle pu s’empoisonner avec un inocybe de Patouillard, champignon vénéneux bien connu dans la région ? Tout semble donc accabler Bertille, surtout quand en plus, la « breloque » qu’elle porte sur elle et que lui aurait offert Violette, se révèle vite être un bijou assez cher. Malgré ses dénégations, Bertille sera condamnée. Mais la réalité est peut-être plus complexe.
Conçu en trois étapes chronologiques logiques (la mort, le procès, la solution), Méchante est racontée principalement par la victime, après son décès. Le récit est cynique, bien construit, même si les lecteurs habitués au monde du roman noir, risquent de repérer assez facilement la solution possible. En tout cas, le roman de Karine Sulpice se laisse lire sans déplaisir, évoque une réalité pas forcément présente dans la littérature en général ou dans le polar en particulier, des relations complexes qui peuvent se nouer entre des personnages âgés et leurs assistants de vie. Enfin, cette lecture permettra aussi de ne plus regarder des faits divers de la même façon !