Excellente espionne, Solange a fait ses preuves à Beyrouth. Là, elle se réacclimate au travail dans l’ambiance feutrée du centre parisien. Une ambiance feutrée qui est aussi l’occasion de coups fourrés entre les différents chefs de service. Pendant ce temps, à Abidjan, Koffi, agent africain de qualité pour les services secrets français les services français, est employé dans les douanes du port et peut ainsi obtenir bon nombre d’informations, notamment en surveillant les mouvements plus ou moins suspects qui s’y déroulent. Or Koffi vient d’être accosté par un espion chinois qui veut s’assurer de ses services. Une occasion unique pour la DGSE d’essayer d’en apprendre plus et de retourner le dit agent asiatique. Solange est donc envoyée en poste à Abidjan afin de participer à ce retournement. Elle s’y engage à fond et cela semble donner des fruits, jusqu’au jour où l’on retrouve Koffi décédé, noyé dans le port. Revenue à Paris, un peu dépassée, elle reprend peu à peu son travail quand son service reçoit une offre des collègues canadiens : ils pensent pouvoir profiter d’un voyage d’un espion chinois à Paris pour essayer de le retourner. Et il s’agit du même agent qu’à Abidjan…
Récit d’espionnage classique, par un auteur qui maîtrise son sujet (Olivier Mas a travaillé dans ce milieu assez fermé semble-t-il) le roman se déroule d’abord avec le travail quotidien dans une station, ici en Afrique, puis, dans une opération en France, décrite avec soin et avec tout l’arrière-plan des détails racontés de manière extrêmement réaliste. L’auteur ajoute un deuxième versant, plus axé sur l’ambiance et le travail au sein des bureaux parisiens, là où devrait se passer la réflexion sur les enjeux d’espionnage. Ombres chinoises est bien construit et révélera quelques surprises au milieu de la description claire et précise des opérations. Surtout, il s’agit d’un roman d’espionnage prenant et intelligent. Les personnages ne sont pas sacrifiés, même si l’aventure sentimentale de Solange ressemble beaucoup à un ajout que l’on voit souvent aujourd’hui dans les films et séries, pour donner un côté plus humain, pas forcément nécessaire. Mais goûtons notre plaisir à lire des romans d’espionnage écrits par des Français et qui atteignent une bonne qualité, que l’on pensait réservée aux Anglo-Saxons.