CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 12,50 €
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Édité chez
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ISBN : 978-2-7493-0906-4
Nombre de pages : 64
Format : 30 X 23 CM
Année de parution : 2017
Titre original : Torpedo 1972
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7 / 10

Torpedo 1972

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Torpedo n'est pas encore tout à fait mort. Le gangster qui a fait les belles heures de nombreux albums de Enrique Abulí et Jordi Bernet (remplacé ici au dessin avec talent par Eduardo Risso) montre qu'il a encore du répondant. Un rendu coloré et colérique, entre nostalgie et mélancolie.

New York, 1972. Alors que dans les salles de cinéma est projeté Le Parrain, que le scandale du Watergate est en Une du Washington Post, Jame Haliday, du Wall Street Journal (il y tient) croit bien tenir l’article qui lui fera obtenir le Pulitzer. Il a retrouvé la trace de Torpedo, gangster notoire des années 1930, et a surtout fait le lien entre lui et l’assassinat d’un mafieux au cours de ces mêmes années 1930. Le criminel semble moins dangereux maintenant qu’il a Parkinson même s’il est encore capable d’abattre d’un coup de canne précis les pigeons dans les parcs. Pigeons que son fidèle assistant poivrot Rascal lui prépare ensuite pour le repas. James Halliday est un homme pressé. Il veut coucher avec sa fiancée Wendy avant le mariage, il veut rencontrer le gangster sans travail préparatoire. Surtout, il veut que Wendy, photographe, prenne des clichés de Torpedo. Il ne se doute pas que la situation va lui échapper très vite et que la pègre, ce n’est pas comme au cinéma…

La rencontre entre le gangster, l’assistant du gangster, le journaliste et la photographe…

Exit 1936. Bienvenue en 1972. Torpedo, le fameux gangster des bas-fonds new-yorkais, vit maintenant dans un appartement miteux d’un immeuble miteux en compagnie de Rascal. Fini le lustre d’antan. Enrique Abulí, le scénariste, reprend son personnage fétiche, le vieillit et nous en propose une image autrement froide qu’il compare dès les premières pages au Parrain, de Coppola, créant ainsi l’illusion que son Torpedo est bien réel au contraire de ce diable de Corleone. Et ça fonctionne plutôt bien. On (re)découvre ce personnage en apparence inoffensif, qui semble n’attendre plus grand-chose de la vie, atteint de Parkinson, et aigri. Mais derrière tout ça, il y a le tempérament d’un homme qui a été l’un des pires gangsters de New York. Et sa rencontre anodine avec le journaliste James Haliday va réveiller la bête. Le déclencheur n’est pas tant le journaliste que sa fiancée Wendy, qui va accepter de prendre des photos du gangster dans son studio. À partir de cet instant tout dérape et c’est un déferlement de violence avec morts à la clé. Enrique Abulí fait équipe avec Eduardo Risso pour ce chant du cygne (il succède à Jordi Bernet) qui nous plonge dans un univers de dur-à-cuire mâtiné d’un brin d’humour. Le couple James-Wendy semble tout droit sorti d’une bande dessinée (psychédélique) des années 1970. Tout en courbes rondes au contraire de Torpedo, qui lui baigne dans une ambiance très angulaire de comics (comme la série de Darwynne Cooke sur Parker). Entre les deux types de dessin, Rascal, qui fait le lien. Faussement débonnaire. Une jolie bande dessinée, qui donne envie de se replonger quelques décennies en arrière.

Publié le 26 mai 2026
Mis à jour le 25 mai 2026
Je suis en train d’écrire un article formidable sur Piero Caputo, le célèbre mafieux des années 1930. L’autre jour, j’ai rencontré ses fils, trois brutes féroces. En fait, ils ne savent pas qui a tué leur très regretté géniteur… On a un temps raconté que le coupable était un certain Torpedo.
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