Homme vieillissant, Duleu travaille à un obscur poste dans un grand cabinet de conseil financier. Il est proche de la retraite et sa seule occupation, depuis des années, est d’essayer d’écrire un roman qui devrait le propulser dans les hautes sphères littéraires. Rien de tout ça n’est jamais paru, ni même ne semble avoir ému les éditeurs, mais il continue à noircir ses petits carnets de notes. Un jour, il est découvert mort chez lui et tout laisse à penser qu’il peut s’agir d’un cambriolage qui a mal tourné. Le commandant Bourruy est chargé de l’enquête et on lui adjoint un débutant. Dès le début, le policier est mal à l’aise car il n’y a aucune raison pour que le cambriolage ait eu lieu et il se demande pourquoi les fameux carnets ont disparu. À côté des notes romanesques, y avait-il des notes concernant de malversations financières dans le cabinet où il travaillait ? Ou bien des informations sur l’ancien patron aujourd’hui décédé de l’entreprise ? Menant l’enquête à sa façon, décontenançant parfois son nouvel équipier et mettant à mal ses relations avec sa hiérarchie, le commandant Bourruy s’obstine à chercher une réponse, tout en luttant contre sa propension à abuser de la dive bouteille.
S’appuyant sur une enquête classique, avec un policier un peu borderline, comme c’est souvent le cas à présent, le roman de Gérard Linsolas tourne autour de quelques personnages bien dessinés, dont un mort obsédé par l’écriture et qui a découvert un secret ennuyeux (et mortel), Carnets de mal est un premier essai intéressant dans le domaine romanesque (l’auteur ayant déjà plus travaillé pour le théâtre), même s’il ne révolutionnera pas le genre.